animation

Magical Maestro (TEX AVERY)

Après les articles consacrés à Walt DISNEY et au studio GHIBLI, retour vers le monde de l’animation avec Tex AVERY (190 – 1980).

Magical maestro est le titre d’un dessin animé du génial Tex AVERY, qui met en scène le baryton Poochini (prononcez PUCCINI), essayant de chanter le Largo al factotum extrait du Barbier de Séville de ROSSINI, alors qu’un magicien lui fait subir toutes sortes de transformations.

magical maestroCliquez sur l’image

En fait, les musiques d’opéra sont omniprésentes dans les dessins animés de Tex Avery, notamment la marche nuptiale du Lohengrin de WAGNER que l’on retrouve dans The early bird deed it, dans One ham’s family, dans Big heel whata, ou dans Lonesome Lenny. On peut entendre le galop de l’ouverture du Barbier de Séville dans Dumb hounded, dans Screwball Squirrel, dans Wild & wolfy, dans King size canary, dans The car of tomorrow, dans Rock-a-bye-bear, dans Drag-a-long Droopy.

screxball squirrelCliquez sur l’image

On entend le grand air de la reine de la nuit dans Symphony in slang. Roméo et Juliette dans Little tinker, une citation de Un américain à Paris de GERSHWIN dans One cab’s family.

one cab's familyCliquez sur l’image

Sans parler de l’utilisation de la marche funèbre de CHOPIN à peu près chaque fois qu’il y a un mort (et on meurt beaucoup chez Tex AVERY).

The flea circus cite Wagner (Lohengrin) et un concerto de LISZT et l’air Ah vous dirai-je Maman de MOZART est également abondamment cité.

the flea circusCliquez sur l’image

Bien entendu, je ne cite ici que les emprunts à la musique classique, mais de nombreux airs populaires américains ont servi également à Scott BRADLEY (1891 – 1977), l’auteur crédité de la musique dans les génériques des dessins animés de Tex Avery.

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cinéma, mythologies(s)

Pygmalion

Pygmalion est un personnage mythologique, dont l’histoire nous est contée par OVIDE dans ses Métamorphoses. Sculpteur, il tombe amoureux d’une de ses sculptures, celle de Galatée. Fils d’Athéna, il obtient d’Aphrodite, déesse de l’amour, qu’elle donne vie à son amour de pierre. Il a deux enfants avec elle, Paphos et Matharmé.

(A propos de Paphos et Matharmé, il est intéressant de noter que le dernier sonnet de MALLARMÉ est Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos).

Pygmalion est ainsi devenu l’archétype d’une « personne amoureuse d’une autre et qui la conseille et la façonne pour la conduire au succès », suivant la définition du Larousse.

Les amours d’Acis et Galatée font elles-mêmes l’objet d’une narration par Ovide dans ses Métamorphoses.

Tant le mythe de Pygmalion que celui d’Acis et Galatée ont été portés à l’opéra.

Jean-Philippe RAMEAU a en effet écrit un ballet, Pygmalion, en 1748. Il sera suivi par GRÉTRY en 1776.

rameau pygmalion

En 1816 DONIZETTI, alors âgé de 19 ans, écrit son premier opéra Il Pigmalione.

G.B.SHAW a écrit sa pièce Pygmalion en 1914. Cette pièce a été adaptée en comédie musicale avec une musique de F.LOEWE, au théâtre en 1956, puis surtout dans le génial film My Fair Lady (1964) de Georges CUKOR avec Audrey HEPBURN.

On retrouve le thème de Pygmalion dans Maudite Aphrodite (1995), de Woody ALLEN.

Les amours d’Acis et Galatée sont elles-mêmes relatées par Ovide dans ses Métamorphoses. Cette légende a été mise en musique par LULLY en 1686 et par HAENDEL en 1731.

haendel acis et galatée

animation, bande dessinée

POKÉMON GO (et opéra)

Je vous l’avais promis dès la création de ce blog il y a un peu plus de six mois (cf. la page « à propos ») : il y aura un billet sur le jeu Pokémon GO et l’opéra.

La sortie de la version complémentaire sur console de salon ce 16 novembre va être l’occasion pour moi de tenir cette promesse, et de faire s’interpénétrer la bulle des amateurs d’opéra et la bulle des amateurs de Pokémons.

Dès la première version du jeu, datant d’il y a plus de vingt ans, figuraient les Pokémons Mélofée (n° 35) et Rondoudou (n° 39). Ces Pokémons avaient le pouvoir, par leur chant semblable à celui d’Orphée, d’endormir leurs adversaires.

                                                           mélofée rondoudou

Nous avons découvert il y a peu avec l’arrivée de la 4e génération le Crikzik (n° 401) un Pokémon insecte en forme de lyre et son évolution le Mélokrik, dont le Pokédex nous apprend que quand les antennes du Crikzik s’entrechoquent, elles laissent s’échapper un son de xylophone, alors que le Mélokrik exprime ses émotions par des mélodies.

                                                       criczik  Mélokrik

C’est dans la cinquième génération que l’on trouvera les Pokémons les plus intéressants, avec le Lakmécygne (n° 581), dont le nom est formé d’après Lakmé de Léo DELIBES, et le Lac des Cygnes, le fameux ballet de TCHAÏKOVSKI.

lakmécygne.png

On trouvera également le Vivaldaim (n° 585), un daim qui peut prendre quatre formes suivant les saisons (hommage aux quatre saisons de VIVALDI). La référence à l’univers de l’opéra est encore poussée par le fait que le Vivaldaim a une forme évoluée, le Haydaim (en hommage à Joseph HAYDN.)

                                                    vivaldaim  haydaim.png

Et surtout, n’oubliez pas qu’il est déconseillé de jouer à Pokémon Go quand vous êtes à l’opéra, vous risqueriez de perturber le spectacle, et de perturber vos voisins.

écrivains, cinéma, littérature, philosophie

Friedrich NIETZSCHE et la musique

Sans la musique, la vie serait une erreur (F.NIETZSCHE).

Rassurez-vous, je ne vais pas ici vous faire un cours sur les idées philosophiques de NIETZSCHE, j’en serais bien incapable et ce n’est pas le sujet de ce blog. Simplement, ayant entendu parler de Nietzsche lors d’une conférence sur WAGNER, il m’est venu à l’idée de vous parler des rapports qu’entretenait Fred le moustachu avec la musique.

Dans sa jeunesse, Frédéric Nietzsche, bon pianiste, s’est essayé à la composition musicale, et il a distribué ses lieders à ses amis, notamment Cosima, la fille de LISZT, épouse du chef d’orchestre von Bülow avant que d’être celle de Wagner.

nietzsche et la musiqueCliquez sur l’image

Dans La naissance de la tragédie, il est encore sous l’influence de SCHOPENHAUER et Wagner, et il réfléchit à la dualité Apollon vs Dionysos, ce qui le rapproche de Robert SCHUMANN dont toute la vie (et toute l’œuvre) a été une tentative de résolution de ces deux faces de sa personnalité. Pour faire simple, on peut dire que la pensée dionysienne est liée à la nature et à l’ivresse de l’instant présent alors que la pensée apollinienne est centrée sur la raison, et sur la culture qui prend le pas sur la nature.

Une des compositions de Nietzche, Manfred méditation d’après l’œuvre de Lord BYRON, peut d’ailleurs être rapprochée par le thème de l’une des compositions de Schumann, qui a écrit une musique de scène pour cette pièce. Et pour ce qui est de la double personnalité avec laquelle Schumann devait se battre, elle est illustrée par Eusébius le rêveur introverti et Florestan le passionné combatif, doubles de Schumann que l’on retrouve dans les Davidsbündlertänze ou le Carnaval.

Très inspiré par l’œuvre de Wagner, Nietzche s’est intéressé aux thèmes du surhomme et de la liberté, thèmes qui sont au cœur notamment de la tétralogie. Il finira par se détacher du « poison wagnérien » (sic) quand il découvre en 1881 le Carmen de BIZET.

Une de ses dernières œuvres, Also spracht Zarathustra, a inspiré à Richard STRAUSS le poème symphonique du même nom. Œuvre un peu oubliée du public, Stanley KUBRICK a contribué à la populariser en s’en servant pour la BOF de son génial 2001 Odyssée de l’espace.

animation, nature

Les chats

Miaow, recently told me my cat.

MIAOU, me disait récemment mon chat, trouvant que je consacrais trop de temps à mon blog et pas assez à lui. Ah tu veux la jouer comme ça, lui répondis-je alors, eh bien je vais parler de toi dans mon blog.

En effet, les compositeurs se sont parfois amusés à mettre en musique nos amis félins.

Mais avant tout, il faut savoir qu’un chat a failli coûter la réputation et la carrière du Barbier de Séville de ROSSINI. En effet, lors de la première, en 1816, quelqu’un a jeté un chat sur la scène, provoquant ainsi un beau charivari qui aurait pu faire chuter cette œuvre.

Il faut croire que ROSSINI n’était pas rancunier puisqu’en 1825, il écrit le duo bouffon des chats. (La musicologie nous dit qu’en fait ce duo, attribué à Rossini, n’aurait pas été écrit par lui).

RAVEL dans son Enfant et les sortilèges a également écrit un beau duo pour chats.

Et PUCCINI écrit, dans Il Tabarro, une des pièces de son triptyque, un Air de Frugola où la chanteuse expose la  philosophie de son chat au moyen de son ron ron.

Disney fera chanter des chats dans son film Les Aristochats où l’un des deux chatons s’appelle BERLIOZ, en hommage au compositeur français.

Plus près de nous, la comédie musicale Cats (musique d’Andrew LLOYD-WEBER) fait partie des œuvres récentes qui ont eu le plus de succès.

animation, Divers

Les onomatopées

Ono m’a topé, aurait déclaré John LENNON après sa rencontre avec Yoko. Pour le plaisir, écoutons Imagine !

Si l’on chante beaucoup à l’opéra (c’est un peu le concept, d’ailleurs), on y crie aussi, et les onomatopées n’y manquent pas.

Parmi les précurseurs figure Clément JANEQUIN (1485 – 1558) qui met en musique Les Cris de Paris, le Chant des oiseaux ou encore la Guerre qui imite en musique les bruits de la bataille.

Plus tard RAMEAU mettra en musique le coassement des grenouilles dans sa comédie Platée.

À la fin de la Damnation de Faust, après la chevauchée fantastique ponctuée des hop hop de Méphisto, BERLIOZ fait chanter aux esprits de l’enfer un pandémonium sur des onomatopées de son invention (has irimiru karabrao…).

WAGNER n’a pas lésiné non plus sur les onomatopées avec le Hoyotoho Heya Heya dans cette autre chevauchée fantastique qu’est la chevauchée des Walkyries.

Dans le Coq d’or, RIMSKY-KORSAKOV fait chanter son coq en russe, ce qui nous donne Kikeriki koko koko (alors que chacun sait que le coq anglais fait cock-a-doodle-doo).

Sur les conseils de Camille (merci Camille), j’intègre ici la légende de Kleinzach et ses clic clac, cric crac, flic flac, extraite des Contes d’Hoffmann d’OFFENBACH.

Et en marge de l’opéra, je ne peux résister au plaisir de vous présenter la stripsody de la grande Cathy Berberian. Cathy Berberian pour qui la musique des Beatles (voir l’intro de ce billet) était de la musique contemporaine n’a pas hésité à enregistrer un disque de leur musique.

Stripsody qu’il est facile de rapprocher du titre de Gainsbourg Comic Strip (et ça fait Shebam, plop, wizz…).

Et puisque j’étais il n’y a guère à Bastille pour les Huguenots de MEYERBEER, j’ai sursauté en entendant dans l’air de Marcel du 1er acte PIF, PAF, POUF (sic). (C’est ce qui m’a donné envie d’écrire ce billet).

animation

Walt DISNEY (1901 – 1966)

Walt DISNEY and classical music.

Après le studio Ghibli, et avant l’univers de Tex AVERY, je vais vous parler aujourd’hui de Walt DISNEY. Disney est connu pour son apport majeur au dessin animé. (Il est aussi l’inventeur du parc à thème). Il crée ses premiers dessins animés au début des années 20, et en 1928, le personnage de Mickey. En 1929, il lance les Silly Symphonies, des dessins animés sur un thème musical. En 1937, il produit le premier dessin animé long métrage, Blanche Neige (le premier long métrage d’animation est dû à Lotte REINIGER).

L’univers créé par Walt Disney contient de nombreuses références au monde de l’opéra (et de la danse).

Dès 1936, Disney avait mis en musique l’univers de l’opéra avec le cartoon Mickey’s Grand Opera.

mickey's grand operaCliquez sur l’image

En 1940, il sort Fantasia, soit une suite d’adaptations en dessin animé de morceaux classiques (il a fait une suite en 2000 avec Fantasia 2000. Dans Fantasia, on peut voir Mickey serrer la main du chef d’orchestre Léopold Stokowski, on trouve une version complètement allumée de la danse des heures, ballet extrait de La Gioconda de PONCHIELLI, et une très belle version de La nuit sur le Mont chauve de MOUSSORGSKI, ainsi que Casse-Noisette de TCHAIKOVSKI. Il y a aussi Mickey en Apprenti sorcier, d’après Paul DUKAS.

En 1948, dans Melody Time, il nous offre une interprétation très personnelle du Vol du bourdon de RIMSKY-KORSAKOV.

Dans Les Aristochats (1970), long métrage qui se passe en France, un des jeunes chatons s’appelle BERLIOZ, en hommage à l’ami Hector.

Tchaïkovski a encore été mis en image par les studios Disney, avec La Belle au bois dormant (1959).

Et je peux rappeler ici la version Disney du Fantôme de l’opéra, de Gaston LEROUX.

Le sujet de La petite Sirène (1990), d’après le conte d’ANDERSEN se trouve assez proche de celui de Rusalka, le génial (et méconnu) opéra de DVORAK, dont le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A. HOFFMANN et du conte d’Andersen.

À propos de son dessin animé la Reine des neiges (2013) et son tube Libérée, délivrée  (attention, si vous enseignez la musique dans les écoles, ne cliquez pas sur le lien précédent) il convient de ne pas le confondre avec la Fille de neige (Snegourotchka), de Rimsky-Korsakov, moins connu, mais très bien aussi !

Enfin, DISNEY a servi de héros à Philip GLASS, qui raconte ses derniers jours dans l’opéra The perfect american (2012).