Divers, Histoire de l'opéra

Des opéras pour les enfants

Les adultes ne sont pas les seuls à avoir le privilège d’aller à l’opéra. C’est à peu près à partir du XXe siècle que les compositeurs ont eu envie de s’adresser aux enfants.

Parmi eux, citons RAVEL qui a écrit sur un livret de COLETTE l’Enfant et les sortilèges  (1917 – 1924).

Écrit en 1922-1923 et créé en 1924, l’opéra de JANACEK la Petite Renarde rusée est un magnifique conte pour enfants, dans lequel il ne fait pas forcément bon être poule.

janacek petite renardeCliquez sur la renarde

En 1936 dans le conte Pierre et le loup, PROKOFIEV associe à chaque personnage un instrument particulier. Quelle belle découverte des timbres de l’orchestre pour les enfants !

pierre et le loupCliquez sur Peter USTINOV

En 1949, BRITTEN qui s’est toujours intéressé à rendre la musique accessible à tous a écrit Faisons un opéra, le petit ramoneur (1949), un opéra destiné aux enfants.

britten petit ramoneurCliquez sur le ramoneur

POULENC, lui, a mis en musique l’Histoire de Babar.

poulenc babarCliquez sur Babar

Bien entendu, au XXIe siècle, les maisons d’opéra continuent de créer des œuvres destinées aux enfants, c’est ainsi qu’on a pu entendre cette saison 2018 – 2019 à Lille Coraline de Mark-Anthony TURNAGE…

coralineCliquez sur l’image

… et à Lyon Les Enfants du Levant, d’Isabelle ABOULKER.

les enfants du levantCliquez sur l’image

Je reviendrai dans un autre billet sur les enfants à l’opéra, mais dans le sens où les enfants ont un rôle dans les opéras écrits pour les grands. Sans attendre, je précise qu’un opéra comme la Flûte enchantée de MOZART a tout pour plaire aux enfants, même s’ils ne comprennent pas le sous-texte, avec son serpent géant, son prince et sa princesse, la reine de la nuit dans le rôle de la sorcière, ou encore le personnage de l’oiseleur Papageno.

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Divers, littérature

Quelques beaux duos

L’avantage de l’opéra par rapport au théâtre, c’est de pouvoir superposer plusieurs voix, alors qu’au théâtre, si deux (ou plus) personnages parlent en même temps, c’est la cacophonie (voir la fin de la Cantatrice chauve de IONESCO).

cantatrice chauve massinCliquez sur la cantatrice

Après un premier billet sur les duos d’amour (au XVIIIe siècle), je vous propose un autre billet de duos, mais qui ne sont pas des duos d’amour cette fois.

Dès l’origine de l’opéra, avec l’Orfeo de MONTEVERDI, l’œuvre se termine par un duo entre Orphée et son père Apollon, au moment où Orphée s’apprête à monter aux cieux rejoindre son père. Saliam cantando al cielo.

Dans son Jules César (1724), HAENDEL fait chanter les adieux de Cornelia et de son fils Sesto dans le très beau duo « Son nata a lagrimar ». (Je vous propose ici une autre version que celle placée dans l’article sur la tessiture pour vous permettre de les comparer.)

haendel jarroussky lemieuxCliquez sur l’image

Dans les Noces de Figaro (1786), MOZART écrit un très beau duo (canzonetta sull’aria) pour Suzanne et la comtesse:

les noces de Figaro sull ariaCliquez sur l’image

En 1835, dans Lucia di Lammermoor, DONIZETTI nous propose le duo « J’aurai ton sang » où les deux héros se défient en duel.

lucia di lamermoor duoCliquez sur l’image

Dans le Trouvère (1853) de VERDI, Léonora promet au comte de Luna de se donner à lui s’il accepte de laisser la vie sauve à Manrico, son amour.

il trovatore mira di acerbe lagrimeCliquez sur l’image

En 1862, dans Béatrice et Bénédict, BERLIOZ nous offre le berliozissime « Nuit paisible et sereine » :

berlioz nuit paisible et sereineCliquez sur l’image

Parmi les classiques des classiques figure le duo « Au fond du temple saint » des Pêcheurs de perles (1863) de BIZET.

bizet au fond du temple saintCliquez sur l’image

Autre grand duo, la barcarolle des Contes d’Hoffmann (1880) d’OFFENBACH.

barcarolle

Et dans Lakmé (1883) de Léo DELIBES, on trouve le ravissant duo des fleurs.

 

delibes lakmé duo des fleursCliquez sur l’image

Il existe bien évidemment de nombreux autres duos magnifiques comme, par exemple, les adieux de Wotan à sa fille la walkyrie Brünnhilde à la fin de la Walkyrie. Si vous en voulez plus, il suffit de le demander en laissant un commentaire à ce billet.

 

 

 

Divers

La nuit (2) : Nuits obscures

La nuit est un moment privilégié où l’absence de jour et de lumière nous donne la possibilité de vivre autrement, loin des regards des autres. Ce moment peut être la Nuit des amants. Mais ce peut aussi être un moment où les forces obscures prennent le pas sur la clarté, et c’est alors la nuit des magiciens, des fantômes ou des sorcières.

L’opéra se prête bien à la description de ces scènes inquiétantes :

Ainsi, dans la Flûte enchantée de MOZART, la reine de la nuit représente le côté obscur de la force, où les notes aiguës qui se succèdent figurent autant de coups de poignard destinés à tuer Sarastro, le rival de la reine.

reine de la nuit dessayCliquez sur la reine de la nuit

Une des premières représentations, et des plus fameuses, est celle de la scène de la Gorge aux loups, de l’opéra romantique le Freischütz de WEBER, où les héros se donnent rendez-vous à minuit pour fondre des balles magiques destinées à remporter un concours de tir. Mais voilà, la septième balle fondue est réservée au diable…

Fresischutz gorge aux loupsCliquez sur l’image

Freischutz Gorge aux loups 2Cliquez sur l’image

En 1833, dans son Gustave III, roi de Suède, D.F.E. AUBER place au début du 3e acte une scène où l’héroïne doit, à minuit, cueillir des plantes magiques qui feront disparaître son amour coupable pour le roi.

auber gustave minuitCliquez sur l’image

Dans son adaptation de Macbeth (1841), c’est évidemment pendant la nuit que VERDI fait apparaître le meurtre du roi par Macbeth et sa femme.

macbeth minuitCliquez sur l’image

À la fin de Rigoletto (1851) de Verdi, c’est de nuit que Rigoletto prévoit l’assassinat du ravisseur de sa fille Gilda, mais par un de ces coups de théâtre que l’on ne voit qu’au théâtre, c’est finalement Gilda qui meurt sous les coups du reître payé pour cet assassinat.

rigoletto finalCliquez sur l’image

Une nuit sur le mont Chauve, de MOUSSORGSKI.

fantasia une nuit sur le mont chauveCliquez sur l’image

Ce n’est pas dit explicitement dans Le château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK, mais on peut supposer que toute la scène se passe de nuit, quand Judith ouvre une à une les portes du château de Barbe-Bleue pour y découvrir, après des bijoux et des perles, une chambre de torture, et pire encore peut-être…

bartok barbe bleueCliquez sur l’image

 

 

 

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Animation 1, Divers, littérature, Mythologie

CENDRILLON (CINDERELLA)

Parmi les contes et légendes de notre enfance figure l’histoire de Cendrillon, cette petite fille victime de sa marâtre et de ses deux vilaines sœurs qui la confinent aux tâches domestiques.

Archétype des contes, on en connaît des versions dans toutes les cultures, et ce depuis l’antiquité. Par exemple, dans l’Égypte antique, on trouve l’histoire d’une jeune esclave à qui un aigle enleva une chaussure puis la fit tomber au pied du pharaon, qui n’eut alors de cesse que de retrouver la propriétaire de la chaussure.

Les versions que nous connaissons sont celle de PERRAULT (1697) ou celle des frères GRIMM un siècle plus tard.

Étant donné son sujet à portée universelle, il n’est donc pas étonnant que l’Opéra s’en soit emparé, et ce dès 1759 avec un opéra-comique de LARUETTE.

Parmi les versions qui nous sont restées figure la Cenerentola (1817) de ROSSINI

Rossini Cenerentola BartoliCliquez sur l’image

L’opéra Cendrillon (1899) de MASSENET est encore parfois représenté.

massenet cendrillonCliquez sur l’image

On peut aussi noter Cendrillon (1904), un opéra miniature (merci Wikipédia) de Pauline VIARDOT.

cendrillon viardotCliquez sur l’image

D’autres adaptations musicales existent, dont le ballet de PROKOFIEV datant de 1940, ou encore des comédies musicales.

cendrillon prokofievCliquez sur l’image

Les studios DISNEY ne se sont pas trompés sur la portée universelle du conte en créant le dessin animé Cendrillon (Cinderella en VO) en 1950.

Cendrillon DisneyCliquez sur l’image

 

 

Divers, Oulipo, poésie

EL DESDICHADO

Ce billet inaugure une nouvelle catégorie, la catégorie OULIPO (OUvroir de LIttérature POtentielle), à laquelle je raccrocherai les billets déjà écrits sur PEREC ou QUENEAU.

Pour cette première création, je vais partir du poème « El Desdichado » de Gérard de Nerval, avec la contrainte oulipienne d’associer aux substantifs une citation musicale extraite de l’univers de l’opéra.

 

Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé,

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie,

Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé,

Porte le soleil noir de la mélancolie.

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’a consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phébus, Lusignan ou Byron ?

Mon front est rouge encore du baiser de la Reine ;

J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

 

Citations musicales:

Le veuf : La Veuve joyeuse de LEHAR.

L’Étoile de CHABRIER

Le soleil noir : Tristes apprêts, pâles flambeaux (Castor et Pollux de RAMEAU) : Télaïre, fille su soleil, renonce à la lumière de son père.

Tombeau : Roméo et Juliette de GOUNOD, Roméo vient près du tombeau où le corps de Juliette repose.

La fleur : Carmen de BIZET, La Fleur que tu m’avais jetée.

La rose : « Le spectre de la rose », des Nuits d’été de BERLIOZ.

Du baiser : D’amour l’ardente flamme de La Damnation de Faust de Berlioz. Marguerite, abandonnée par Faust, se souvient des baisers d’amour qu’ils échangeaient.

Dans la grotte : « Ombre pallida » de Alcina de HAENDEL. Dans sa grotte, la magicienne Alcina invoque les esprits pour se venger d’un trahison.

La lyre d’Orphée : renvoi vers l’Orfeo de MONTEVERDI.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le faire savoir, je pourrais envisager de maltraiter ainsi d’autres poèmes.

Compositeurs, Divers, Histoire de l'opéra

8 Mars – Journée internationale de la Femme

Ce n’est pas parce que le 8 Mars est la journée internationale de la Femme (en France, on ajoute des droits de la Femme) qu’il faut en conclure que les 364 autres jours de l’année sont des journées de l’homme, messieurs.

Je vais vous parler ici de quelques femmes compositrices, en commençant par Élisabeth JACQUET DE LA GUERRE (1665 – 1729), qui a écrit et joué pour Louis XIV et Louis XV. Dans le domaine de l’opéra, elle a composé la tragédie lyrique Céphale et Procris, mais devant le peu de succès rencontré, elle s’en est arrêtée là. D’elle sont restées des cantates et des pièces pour clavecin.

jacquet der la GuerreCliquez sur l’image

Au XIXe siècle, on peut citer Louise BERTIN (1805 – 1877), qui a écrit La Esmeralda dont le livret a été écrit par le grand VH lui-même, d’après son Notre Dame de Paris. Fille du directeur de l’important Journal des Débats, elle a également écrit un Faust. Sa position sociale et son statut de femme l’ont empêchée de connaître un succès qu’elle aurait pourtant mérité, comme en témoigne l’estime que BERLIOZ lui témoignait.

louise BertinCliquez sur l’image

Pendant ce temps en Allemagne, Fanny MENDELSSOHN (1805 – 1847) jouait du piano et composait, malgré l’avis de son père, et de son frère Félix. Ce n’est qu’après son mariage qu’elle pourra développer son art musical, et se faire jouer et publier. Elle a surtout écrit des pièces pour piano, des romances et des cantates. Quand vers la fin de sa vie, elle se lance pour faire connaître sa musique, ses contemporains ne veulent pas croire qu’une femme ait composé cette musique, et l’accusent d’avoir pillé son frère !

fanny mendelssohnCliquez sur l’image

Clara SCHUMANN (1819 – 1896) composait également, mais ce sont ses talents de pianiste qui étaient reconnus, pas ceux de compositrice, et c’est son Robert (SCHUMANN) de mari qui est resté pour la postérité comme un génie de la composition.

clara schumann

Mélanie BONIS (1858 – 1937) choisit comme pseudonyme Mel BONIS pour ses compositions musicales, pour ne pas être reconnue comme femme compositeur. Elle entre au conservatoire à 18 ans. C’est là qu’elle rencontre un chanteur-poète, qui sera le grand amour de sa vie, mais sa famille lui impose un mariage « sérieux ». Elle mettra en musique bien des poèmes de son amour. Sur la fin de sa vie, elle se consacre à de la musique religieuse.

mel bonisCliquez sur l’image

Pour le XXe siècle, on peut citer Germaine TAILLEFER (1892 – 1983), seule femme du groupe des six. Elle a écrit une œuvre abondante dans différents styles (piano, mélodie, musique de chambre, musique de films, concertos, opéras…). Elle a participé aux Mariés de la Tour Eiffel, sur un texte de COCTEAU, mais a également écrit un opéra de chambre sur un texte de IONESCO : Le Maître.

Deux autres femmes compositrices se sont distinguées, Lili et Nadia BOULANGER. Lili, la cadette, a été la première femme à gagner le grand prix de Rome. Sa carrière a malheureusement été trop brève, car elle est morte à l’âge de 24 ans, en laissant inachevé son opéra La Princesse Maleine, d’après MAETERLINCK. Sa grande sœur Nadia est beaucoup plus connue, car au cours des 70 ans qu’elle a consacrés à la formation musicale, elle a vu passer plus de 1000 élèves, dont les compositeurs Aaron COPLAND, Vladimir COSMA, Philip GLASS, Pierre HENRY, Michel LEGRAND ou Lazlo SCHIFFRIN. Outre ses activités de pédagogue, elle a également écrit de la musique, dont des mélodies sur des textes de VERLAINE, HEINE, VH ou Maeterlinck. Elle a également composé un opéra, La Ville morte, sur un livret de D’ANNUNZIO.

Divers

Les plus beaux duos d’amour… (XVIIIe siècle)

Après vous avoir narré dans le détail les morts des héroïnes ou des héros (on meurt beaucoup à l’opéra), il va être temps pour moi de passer à quelque chose de plus heureux.

Je vais ici vous proposer quelques-uns des plus beaux duos d’amour (on aime beaucoup à l’opéra.) Et comme on aime beaucoup à l’opéra, je vais avoir beaucoup de duos à vous proposer et il y aura donc d’autres billets sur ce thème.

Dans Jules César (1724), HAENDEL fait chanter ce beau duo à César et Cléopâtre.

jules césar duoCliquez sur l’image

VIVALDI en 1727 fait chanter ce beau duo entre Angélique et Médor dans Orlando furioso. Toute ressemblance avec le duo précédent ne saurait être que fortuite.

orlando furioso duoCliquez sur l’image

En 1733, c’est RAMEAU qui fait se jurer amours éternelles à ses héros dans Hippolyte et Aricie.

hippolyte et Arycie duoCliquez sur l’image

Et en 1735, c’est donc un double duo (un quatuor donc) qu’il nous offre dans Les Indes galantes.

les indes galantes quatuorCliquez sur l’image

En 1780, Mozart dans Idoménée écrit le duo « T’amo, t’adoro ».

 

idoménée duoCliquez sur l’image

Dans Don Giovanni (1787), vous pouvez écouter le « La ci darem la mano ».

Et dans La Flûte enchantée (1791), il y a le duo comique entre Papageno et Papagena qui se trouvent à la fin de l’opéra « Papageno, Papagena ».