Mes opéras préférés

MANON de MASSENET (1883)

Manon est, avec Werther, un des opéras les plus populaires de MASSENET. Il lui donne l’occasion de déployer son génie lyrique avec des airs comme « Adieu notre petite table » et « Ah fuyez douce image » ou les duos Nous vivrons tous les deux ou « N’est-ce plus ma main que cette main presse ».

Écrite sur un livret d’Henry Meilhac entre 1881 et 1883, l’œuvre est créée en 1884 à l’Opéra-Comique. Elle est tirée du roman de l’Abbé Prévost La véritable histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut paru en 1731. Cet opéra a connu le succès dès sa création. Ce roman avait déjà était adapté par SCRIBE pour D.F.E. AUBER en 1856, et le sera encore par PUCCINI en 1893.

Acte I : Dans la cour d’une hostellerie, le vieux Guillot et Brétigny appellent l’hôtelier pour festoyer avec trois jeunes galantes. Pendant ce temps, Lescaut, un soldat, attend sa cousine Manon pour la conduire au couvent. Le coche arrive et les passagers descendent, se plaignant des désagréments du voyage. Manon paraît et Lescaut et Manon font connaissance.

massenet manon je suis encore tout étourdieCliquez sur Manon

Puis Guillot, voyant la jeune fille, cherche à la séduire. Restée seule, Manon, songeuse, compare la vie de luxe et de plaisir des trois jeunes femmes et la vie austère qui l’attend au couvent (Air : « Voyons, Manon, plus de chimère »). Arrive le chevalier des Grieux. Au premier regard, il tombe amoureux de Manon, qui elle tombe sous le charme de des Grieux. Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris (Duo : « Nous vivrons à Paris tous les deux »). Quand Lescaut et Guillot reviennent, Manon est partie.

Acte II : Des Grieux et Manon sont installés dans une chambre à Paris. Des Grieux écrit une lettre à son père où il lui demande l’autorisation d’épouser sa fille. Ils la lisent ensemble (Duo : On l’appelle Manon).

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Lescaut arrive pour sauver l’honneur de sa famille, accompagné de Brétigny habillé en soldat. Celui-ci prévient Manon que le père de des Grieux veut faire enlever son fils (Quatuor). Si elle laisse faire cet enlèvement, il veillera à ce qu’elle vive toujours dans le luxe. Manon cède. Restée seule, elle dit adieu à leur bonheur passé (Air : « Adieu, notre petite table »).

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À son retour, des Grieux évoque le bonheur de vivre avec Manon (Air : en fermant les yeux…). On frappe à la porte. Des Grieux va ouvrir, et il est enlevé.

Acte III : Lors d’une fête au Cours-la-Reine, Lescaut dépense sans compter pour la femme qu’il aime (Air : À quoi bon l’économie). Les « élégantes » paraissent, parmi lesquelles Manon au bras de Brétigny, son nouvel amant (Airs : Je marche sur tous les chemins, suivi de Profitons bien de la jeunesse).

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Une conversation surprise entre Brétigny et le comte des Grieux lui apprend que le chevalier veut entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Manon cherche à savoir auprès de des Grieux si son fils pense encore à elle. Guillot, qui espère toujours séduire Manon, fait venir à la fête le ballet de l’Opéra, mais Manon décide de partir chercher le chevalier à Saint-Sulpice, persuadée qu’il ne peut l’avoir oubliée.

À Saint-Sulpice, où l’abbé des Grieux est devenu la coqueluche de ces dames par ses sermons, le comte essaye de dissuader son fils de prononcer ses vœux, mais en vain (Air : Épouse quelque belle fille). Pourtant, sa prière montre qu’il doit lutter contre le souvenir de Manon.

massenet manon ah fuyez douce imageCliquez sur des Grieux

L’arrivée de Manon, qui vient lui demander pardon, le trouble. Il cherche à résister, mais finit par céder devant son charme (Air : N’est-ce plus ma main).

Acte IV : À l’hôtel de Transylvanie, on se livre au jeu et aux plaisirs. Manon arrive avec son chevalier et le pousse à jouer, pour regagner sa fortune dilapidée. Il se laisse entraîner et pendant qu’il joue, Manon chante son amour de l’or et de la vie (Air et trio : À nous les amours et les roses). Il réussit à gagner une très grosse somme contre Guillot qui, jaloux, l’accuse d’avoir triché. La police arrive et arrête Manon et des Grieux. Son père intervient pour faire relâcher des Grieux, mais Manon est condamnée à la déportation.

Acte V : Sur la route du Havre, des Grieux et Lescaut attendent le convoi des déportées (Air : Manon, pauvre Manon). Lescaut soudoie un sergent pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. Manon s’accuse d’avoir gâché leur amour et implore le pardon du chevalier. Des Grieux cherche à la rassurer, mais Manon est trop épuisée pour fuir avec lui et meurt dans ses bras (reprise lacrymogène de l’air : N’est-ce plus ma main que cette main presse).

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Mes opéras préférés

LA DAME DE PIQUE de TCHAÏKOVSKI

La Dame de pique est un opéra de TCHAÏKOVSKI composé sur un livret de son frère Modeste d’après une nouvelle de POUCHKINE, et créé à Saint-Pétersbourg en 1890. C’est avec Eugène Onéguine un des deux plus connus de ce compositeur, et on y retrouve sa francophonie, notamment avec le chœur d’enfants introductif et avec le personnage de la Comtesse qui se rappelle sa jeunesse à Paris.

 Acte I : Le rideau se lève à Saint-Pétersbourg, au parc où les gouvernantes emmènent les enfants. On voit ceux-ci jouer les petits soldats, comme dans Carmen de BIZET que Tchaïkovski révérait. Sourine et Tchékalinski parlent de leur ami Herrmann. Celui-ci, taciturne, passe ses nuits dans les cercles de jeu, mais sans toucher aux cartes. Herrmann se confie à Tomski : il est amoureux d’une belle et riche inconnue.

Le Prince Eletski se joint à ses amis pour annoncer son mariage. Tout le monde s’en réjouit, sauf Herrmann tout à son désespoir. Alors que Lisa approche avec sa grand-mère, la comtesse, Herrmann reconnaît en Lisa sa belle inconnue. L’air sombre de Herrmann fait peur aux deux femmes qui l’ont déjà remarqué tournant autour d’elles. Tomski raconte une anecdote sur la comtesse. Dans sa jeunesse, elle avait perdu sa fortune au jeu à Paris. En échange d’un rendez-vous galant avec le comte de Saint-Germain, elle avait obtenu le secret de trois cartes gagnantes, qui lui avaient permis de regagner sa fortune. Sourine et Tchékalinski, par plaisanterie, proposent à Herrmann d’obtenir ce secret, mais Herrmann, lui, ne pense qu’à obtenir l’amour de Lisa. L’orage se déchaîne sur le parc.

Dans son salon, Lisa fait de la musique avec ses amies (Duo).

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Son amie Pauline chante une chanson mélancolique, puis pour consoler Lisa, un air populaire russe que toutes reprennent en chœur. La gouvernante vient les gronder de la part de la Grand-Mère, disant que c’est l’heure d’aller se coucher. Restée seule dans sa chambre, Lisa confie son chagrin à la nuit. Elle n’aime pas Eletski, c’est vers Herrmann que vont ses pensées. Herrmann apparaît à la fenêtre et lui confie son amour, et son souhait de mourir maintenant qu’il sait qu’elle va se marier avec un autre. Il se cache lorsque la comtesse vient dire à Lisa qu’il est l’heure de se coucher, mais en la voyant, il se rappelle le secret des trois cartes de la comtesse. Il renonce à la mort à laquelle il aspirait pour s’en emparer. Quand ils sont à nouveau seuls, il supplie Lisa qui finit par céder et se donne à lui.

 Acte II : Lors d’un bal, le Prince Eletski s’étonne de la froideur de sa fiancée. Déclarant son amour dans un air plein de noblesse, il dit à Lisa que si elle ne l’aime pas, il est prêt à renoncer à elle pour assurer son bonheur.

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Herrmann paraît, obsédé par le secret des trois cartes. Sourine et Tchékalinski poursuivent leurs plaisanteries au sujet des trois cartes de la comtesse.

Suit une très mozartienne pastorale sur le thème de l’amour triomphant de la richesse. Quand Herrmann se trouve face à face avec la comtesse, l’idée des richesses qu’il pourrait obtenir avec les trois cartes le hante.

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Lisa lui confie une clé qui lui permettra de la rejoindre la nuit dans sa chambre, en passant par celle de sa grand-mère. Il accepte le rendez-vous de Lisa, mais c’est bien le secret de la comtesse qu’il compte ravir.

Herrmann pénètre dans la chambre de la comtesse. Entendant des bruits de pas, il se cache et la vieille dame entre avec ses suivantes. Se remémorant sa jeunesse, elle évoque les réceptions auxquelles elle allait à Paris. (Air de Grétry qui personnellement m’émeut toujours : « Je crains de lui parler la nuit ».)

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Comme elle s’assoupit, elle voit Herrmann se dresser devant elle, qui la menace et lui demande de révéler son secret. Terrifiée, elle meurt sans parler. Lisa entre alors et réalise que ce n’est pas pour elle que Herrmann est venu, mais pour le secret de sa grand-mère.

Acte III : Après un prologue orchestral, le rideau s’ouvre sur Herrmann lisant une lettre de Lisa, qui lui donne rendez-vous à la nuit pour lui permettre de se disculper de la mort de sa grand-mère. Dans un demi-sommeil, Herrmann revit les événements de la nuit précédente, il croit entendre un requiem, il veut fuir, mais le spectre de la comtesse se dresse devant lui et lui donne la formule des cartes : le trois, le sept, l’as, en lui demandant d’épouser Lisa.

Lisa, qui attend Herrmann, veut croire à son innocence (grand air de Lisa).

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Quand il arrive enfin, il répète machinalement les mots d’amour que Lisa lui dit. Il est obsédé par l’idée d’aller à la salle de jeu. Finalement, tout à son obsession, il repousse Lisa qu’il ne reconnaît même plus. Désespérée, celle-ci va se jeter dans la Neva.

Le prince Eletski arrive au cercle de jeu. Il déclare aux joueurs qui s’étonnent de sa présence qu’il a perdu sa fiancée et qu’il vient pour se venger. Après une chanson légère de Tomski et un chœur des joueurs, le jeu peut commencer. Herrmann arrive et mise sur les cartes révélées par la comtesse et gagne sur les deux premières. Il remet tous ses gains en jeu sur la troisième carte, et le prince Eletski relève le défi. Herrmann joue donc l’as, mais c’est la Dame de Pique qui sort. Regardant cette carte funeste, il croit voir le visage ricanant de la comtesse. Il se suicide et, en mourant, demande pardon au prince. Il croit voir Lisa, implore son amour, et meurt.

 

Mes opéras préférés

LES CONTES d’HOFFMANN d’OFFENBACH

En ce jour anniversaire des deux cents ans d’Offenbach, j’ai voulu lui rendre hommage au travers de son seul opéra « sérieux », les Contes d’Hoffmann.

Auteur connu pour ses opéras-bouffes ou opérettes, OFFENBACH souffrait de cette étiquette de « Mozart de l’opérette » qu’on lui avait attribuée. Quand le librettiste Jules Barbier lui propose le livret des Contes d’Hoffmann, il voit là l’occasion de se faire reconnaître comme compositeur « sérieux ». Malheureusement, il meurt quelques mois avant la création de son œuvre en 1881, et ne peut donc pas goûter à son succès.

Les Contes d’Hoffmann, donc, sont une adaptation de contes fantastiques de l’auteur allemand E.T.A. Hoffmann.

Prologue : La muse de la poésie veut s’accaparer le poète Hoffmann. Pour parvenir à ses fins, elle prend les traits de son ami Nicklausse. La cantatrice Stella qui interprète le Don Giovanni de Mozart envoie une lettre avec la clé de sa loge à Hoffmann, pour qu’il vienne la voir après le spectacle. Le conseiller Lindorf, trouvant la lettre et la clé, veut aller dans la loge à la place d’Hoffmann. À l’entracte, Hoffmann arrive dans une taverne où, après qu’il eut chanté la chanson humoristique de Kleinzach, des étudiants le pressent de raconter ses trois histoires d’amour.

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Acte I : À Paris. L’inventeur Spalanzani espère que son invention, une poupée mécanique nommée Olympia, lui rapportera suffisamment d’argent pour régler ses dettes. Hoffmann, qui a aperçu Olympia, en est tombé amoureux. Il veut la rencontrer. Coppélius apparaît. C’est lui qui a fourni les yeux de la poupée, et il vient se faire payer. Il vend à Hoffmann une paire de lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie femme. Spalanzani paye Coppélius avec une traite sans provision. Puis il présente sa « fille » à ses invités. Tous sont éblouis (Chœur : Elle a des yeux, de très beaux yeux). Alors que Hoffmann, qui a déclaré son amour à Olympia, danse avec elle, le mécanisme de la poupée se dérègle, entraînant le couple dans une valse endiablée. Il tombe et brise ses lunettes. Cochenille, l’assistant de Coppélius apparaît : Coppélius a cassé la poupée pour se venger. Ses lunettes brisées, Hoffmann se rend compte qu’il ne s’agissait que d’un automate.

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Acte II : À Munich. Le conseiller Crespel cherche à éloigner sa fille Antonia et Hoffmann. (Air : C’est une chanson d’amour). Antonia est douée d’une voix exceptionnelle mais, malade, elle se rapproche de la mort chaque fois qu’elle chante. Elle tient son don (et son mal) de sa mère, une célèbre cantatrice. Hoffmann la pousse à poursuivre sa carrière de cantatrice. Le docteur Miracle vient proposer ses services à Crespel. Caché, Hoffmann entend de quel mal souffre Antonia. Resté seul avec elle, il lui fait promettre de renoncer à chanter. Le docteur Miracle revient auprès d’Antonia, et par des moyens magiques, fait revivre la mère d’Antonia pour la convaincre de chanter encore. Antonia entonne une dernière fois son chant et s’effondre dans les bras de son père.

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Acte III : À Venise. (Barcarolle : belle nuit) Lors d’une fête chez Giulietta, à Venise, Hoffmann déclare renoncer à l’amour. Dapertutto promet à Giulietta un diamant si elle réussit à lui obtenir le reflet d’Hoffmann, comme elle lui a donné l’ombre de Schlémil, une autre de ses victimes.  Hoffmann se laisse séduire par Giulietta. Incapable de la quitter, il se bat en duel avec Schlémil et le tue. Giulietta se moque de lui. Hoffmann veut rester, mais, horrifié, il se rend compte qu’il a perdu son reflet. Il tue Giulietta. Nicklausse le pousse à quitter Venise.

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Épilogue : Hoffmann est épuisé par l’évocation de ses souvenirs de jeunesse. Il explique que les trois femmes représentent les trois facettes d’une même personne, la cantatrice Stella. La diva apparaît, mais devant l’ivresse d’Hoffmann, elle part au bras de Lindorf. Restés seuls, Nicklausse se dévoile. La muse décide Hoffmann à ne plus se consacrer qu’à elle.

Mes opéras préférés

LE BARBIER DE SÉVILLE de ROSSINI

Le Barbier de Séville est probablement l’opéra le plus connu de ROSSINI (1792 – 1868). Créé en 1816 dans des conditions difficiles (la première a été catastrophique), il n’a pas tardé à trouver sa place au répertoire.

Le livret est bâti sur une adaptation de la pièce éponyme de BEAUMARCHAIS, et l’œuvre contient de très belles pages lyriques, à commencer par la célèbre ouverture.

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Acte I : Le comte Almaviva veut donner une sérénade sous la fenêtre de Rosine, la pupille du docteur Bartolo (Ecco ridente in cielo). La belle ne paraît pas et Almaviva reste seul quand arrive Figaro, ancien domestique du comte devenu barbier de Bartolo. Figaro chante les avantages qu’il a à être l’homme à tout faire (le factotum) de toute la ville (Largo al factotum).

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Rosine apparaît enfin à son balcon et laisse tomber un petit mot encourageant Almaviva à continuer de faire sa cour. À Bartolo méfiant, elle dit que c’est la musique d’un opéra à la mode : La Précaution inutile (La Précaution inutile était le sous-titre de la pièce originale de Beaumarchais.) Comme Bartolo sort, Almaviva, se faisant passer pour Lindoro, un étudiant désargenté, reprend sa sérénade. Figaro lui conseille de se déguiser en officier titulaire d’un billet de logement pour entrer chez Bartolo.

Dans sa maison, Rosine chante son amour nouveau pour Lindoro (Una voce poco fa).

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Basile, le maître de musique de Bartolo vient prévenir celui-ci de la présence en ville d’Almaviva. Il lui dit qu’il va le calomnier pour le déconsidérer. (La calunnia é un venticello). (Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.)

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Ils sortent pour préparer le contrat de mariage entre Bartolo et sa pupille, mais Figaro qui était caché a tout entendu. Il prévient Rosine, qui lui confie un billet pour Almaviva/Lindoro quand Bartolo revient, toujours soupçonneux.

Almaviva arrive, déguisé en soldat ivre. Une dispute commence entre les deux hommes, et le comte profite de la colère de Bartolo pour glisser un billet à Rosine. Les voisins attirés par le bruit arrivent à leur tour, et l’acte se termine par un de ces chahuts ébouriffants dont Rossini avait le secret.

Acte II : Almaviva est de retour chez Bartolo. Cette fois, il se fait passer pour Don Alonso, l’assistant de Basile qui vient donner sa leçon de musique à Rosine à la place de son maître malade. Bartolo reste méfiant, mais Rosine qui a reconnu Lindoro peut répondre à son amour (Contro un cor).

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Figaro arrive pour raser Bartolo, et détourner son attention pendant la rencontre de Rosine et Almaviva. Il subtilise la clé de la fenêtre de Rosine pour pouvoir revenir l’enlever de nuit.

Basile survient, surprenant Bartolo qui le croyait malade, Figaro et Almaviva le convainquent de jouer les malades moyennant une bourse bien garnie (Buena serra). Le comte prévient Rosine de se tenir prête à minuit, mais Bartolo surprend leur manège et chasse Don Alonso. Il demande à Basile d’aller chercher le notaire pour avancer le mariage. Il se sert du petit mot d’amour qu’il avait récupéré pour montrer à Rosine qu’Almaviva se joue d’elle. Furieuse celle-ci se décide à épouser son tuteur pour se venger et lui révèle qu’on doit venir l’enlever cette nuit même.

À la nuit tombée, Figaro et le comte s’introduisent dans la maison. Rosine repousse Lindoro, mais celui-ci révèle sa véritable identité. Le malentendu se dissipe et les deux amoureux se réconcilient. Quand le notaire arrive avec le contrat de mariage, l’astucieux Figaro se débrouille pour faire marier Rosine et Almaviva, avec Basile comme témoin. Quand Bartolo arrive, il est trop tard. Almaviva dévoile son identité et tout se termine bien pour (presque) tout le monde dans un sextuor et chœur final : Di si felice innesto.

Bonus : En complément, voici une version alternative de l’ouverture, qui aura évidemment sa place dans le billet  » L’humour en musique « , si je me décide un jour à le publier.

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Mes opéras préférés

OTELLO de VERDI

Après 10 ans de silence opératique, VERDI revient en 1884 à son genre de prédilection avec un de ses auteurs favoris, SHAKESPEARE, qu’il a déjà mis en musique avec Macbeth.

Drame de la jalousie (je l’aimais, je l’ai tué…), Otello est le fruit d’une collaboration avec le librettiste BOÏTO, et sera créé en 1887 à la Scala de Milan.

Acte I : Sur le port de Chypre, la foule observe le bateau d’Otello, général vénitien qui revient vainqueur d’une bataille contre les Turcs. La tempête fait rage, et le peuple prie pour que le bateau arrive à bon port. Otello débarque et annonce sa victoire (Air : Esultate). Il rentre dans le palais rejoindre Desdémone, sa femme.

Deux hommes ne participent pas à la liesse générale. Iago, sous-lieutenant d’Otello, qui le déteste parce qu’il n’a pas eu l’avancement qu’il souhaitait, et Roderigo, qui est amoureux de Desdémone.

La foule joyeuse vient faire la fête à l’occasion du retour de leur chef vainqueur. Pendant la fête, Iago fait boire Cassio et déclenche une querelle entre Cassio, le capitaine qui a eu la place que Iago convoitait, et Roderigo. Montano, le prédécesseur d’Otello à Chypre veut les séparer, mais Cassio, ivre, se bat avec lui et le blesse.

Acte II : Iago fait croire à Cassio qu’il est de son côté, et qu’il va l’aider à retrouver les bonnes grâces d’Otello. Il lui suggère d’aller demander l’aide de Desdémone, qui règne sur le cœur d’Otello. Resté seul, il avoue dans un Credo blasphématoire (Air : « Credo in un Dio crudel ») qu’il compte se servir de Cassio et Desdémone pour atteindre Otello.

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Desdémone arrive et Cassio va lui parler. Lorsqu’Otello entre, Iago fait semblant d’être troublé par leur rencontre. Il lui fait remarquer perfidement que sa femme discute dans le jardin avec Cassio et suggère qu’ils se connaissent peut-être mieux qu’on ne le croit. Le peuple arrive chantant la beauté et la bonté de Desdémone (Chœur : Dove guardi splendono raggi). À leur départ, celle-ci demande à son mari le retour en grâce de Cassio ce qui, après les insinuations de Iago, alimente ses soupçons et sa fureur. Desdémone voulant lui éponger le front, fait tomber son mouchoir brodé. Alors qu’Émilia, la femme de Iago et la confidente de Desdémone, le ramasse, Iago s’en empare et ordonne à sa femme de se taire (quatuor).

Le poison de la jalousie fait son œuvre et Otello demande à Iago des preuves de la trahison de sa femme. Iago lui dit qu’il a surpris Cassio en train de rêver à Desdémone et à son amour pour elle (Air : « Era la notte, Cassio dormia »), et qu’il garde chez lui le mouchoir brodé qu’Otello avait offert à sa femme, mais que celle-ci a à son tour donné à Cassio. Furieux, Otello jure de se venger (Duo : « Dio vindicator »).

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(Suite à ce credo blasphématoire, Boïto suggéra à Verdi d’écrire un « Ave Maria » expiatoire. Cet Ave Maria sera la première des Quatre pièces sacrées, la dernière œuvre composée par Verdi.)

Otello et Desdémone, dérangés par le bruit, arrivent. Otello, furieux, fait cesser la querelle et dégrade Cassio, avant de renvoyer tout le monde. Quand ils se retrouvent seuls, ils chantent leur amour dans un des plus beaux duos de Verdi (Duo : « Gia nella notte densa ».)

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ACTE III : Alors que l’on annonce l’arrivée d’ambassadeurs de Venise, Iago dit à Otello qu’il saura faire avouer Cassio et part le chercher. Comme Desdémone arrive, Otello lui demande de lui montrer le mouchoir brodé qu’il lui avait offert. Desdémone répond qu’elle ne l’a pas sur elle. Elle demande à nouveau la grâce de Cassio, ce qui provoque la colère d’Otello, qui l’accuse d’adultère ! Desdémone s’enfuit, ne comprenant rien à la fureur de son mari. Otello resté seul regrette ses conquêtes vaines face à la trahison de la femme qu’il aime.

Cassio arrive avec Iago. Otello, caché, les écoute. Iago demande à Cassio de lui parler de ses amours avec sa maîtresse Bianca, mais il se débrouille pour qu’Otello pense que ce discours galant a pour sujet Desdémone. Enfin, Cassio sort un mouchoir brodé qu’il a trouvé chez lui. Iago insinue que c’est peut-être Desdémone qui l’y a mis.

Cassio sort et Otello annonce à Iago qu’il va en finir avec Desdémone. Iago répond qu’il en fera de même avec Cassio. Pour le récompenser, Otello lui donne la place de capitaine de Cassio. Les ambassadeurs arrivent. Le doge demande à Otello de rentrer à Venise, Cassio devant prendre sa place en tant que gouverneur de Chypre. Desdémone en est heureuse pour lui, ce qui rend Otello furieux. Il jette sa femme au sol. Perdant toute contenance, Otello renvoie tout le monde et maudit Desdémone, qui quitte la salle. Otello s’évanouit. Iago commence à savourer sa victoire.

Acte IV : Dans sa chambre, Desdémone confie son trouble à Émilia. Elle lui demande de disposer sa robe de mariée sur le lit, avant de chanter la romance du Saule, une chanson triste que chantait autrefois une servante séduite, puis abandonnée (Air : « Piangea cantando nell’erma landa« ). Elle fait ses adieux et prie la Vierge Marie de veiller sur elle dans un émouvant « Ave Maria ».

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Elle se couche et s’endort. Otello entre dans la chambre et contemple sa femme endormie. Il la réveille avec des baisers et lui demande si elle a fait ses prières, car elle va mourir. Desdémone proteste encore une fois de son innocence, mais Otello l’étrangle. On frappe à la porte. C’est Émilia qui annonce que Cassio a tué Roderigo en duel. Voyant sa maîtresse étendue, soupirant qu’elle meurt innocente, elle se met à crier. Ses cris font accourir Cassio, Iago, Montano et un ambassadeur. Émilia révèle la trahison de Iago, qui s’enfuit. Comprenant qu’il a accusé (et tué !) à tort son épouse (Air : « Niun mi tema »), il prend son poignard et se l’enfonce dans le cœur. Il meurt sur le corps de sa femme, qu’il embrasse une dernière fois.

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AÏDA de VERDI

Opéra péplum, Aïda est le fruit d’une commande du souverain d’Égypte qui souhaitait, pour l’inauguration du canal de Suez (1869) et de l’Opéra du Caire, la création d’un opéra écrit par un auteur de renom. VERDI étant un des plus célèbres de son époque, c’est à lui qu’on a demandé. Le livret est dû au grand égyptologue Mariette. La guerre de 1870 en retarde la création (l’opéra du Caire sera inauguré avec Rigoletto) et la création d’Aïda a lieu en 1872.

Dans ce Roméo et Juliette au pays des pharaons, on retrouve le schéma type de l’opéra selon G.B.SHAW (S+T/B+A). Un jeune chef militaire égyptien, Radamès, est amoureux d’une esclave, Aïda. Or celle-ci se trouve être la fille du roi des Éthiopiens, contre l’armée duquel Radamès doit se battre. C’est très cornélien tout ça !

C’est l’occasion pour Verdi d’écrire de très beaux airs et ensemble, dont le tube pour ténor Celeste Aïda ou la marche triomphale avec les célèbres trompettes d’Aïda.

Acte I : Dans le palais royal de Memphis, le grand prêtre Ramphis annonce à Radamès, jeune capitaine de l’armée égyptienne, que la déesse Isis a nommé le chef qui mènerait l’armée au combat contre les Éthiopiens, sur le point d’envahir l’Égypte. Radamès rêve de ce poste et de la victoire, qui lui permettrait de demander la main d’Aïda, une jeune esclave d’Amnéris, la fille du pharaon. (Air : Celeste Aïda.)  Amnéris, amoureuse de Radamès, se demande s’il en aime une autre. Lorsqu’Aïda paraît, Amnéris comprend au trouble de Radamès qui est sa rivale (Trio). Un messager arrive : les Éthiopiens, conduits par Amonasro, ont envahi l’Égypte et marchent sur Thèbes. Le pharaon dévoile le choix d’Isis, c’est Radamès qui dirigera l’armée égyptienne. Tout le monde lui souhaite la victoire, même Aïda déchirée entre son amour pour sa patrie et son amour pour Radamès (Air : Ritorna vincitor).

Dans le temple de Memphis, les prêtres et les prêtresses invoquent le dieu Ptah. Ramphis remet à Radamès un glaive sacré qui le mènera à la victoire (Duo : Nume, custode e vindice).

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Acte II : Amnéris et les femmes attendent le retour de l’armée et de Radamès, victorieux des Éthiopiens. Voulant tester les sentiments d’Aïda, Amnéris lui annonce la mort de Radamès. Aïda est désespérée. Amnéris révèle alors qu’elle a menti et qu’il est vivant. Devant la joie d’Aïda, Amnéris laisse éclater sa fureur en révélant qu’elles sont rivales (Duo : Pietà ti prenda del mio dolor).

À Thèbes, le peuple acclame son armée (marche : trompettes d’Aïda). Derrière le défilé des troupes victorieuses suit Radamès, porté en triomphe. On amène les prisonniers, mais Aïda, reconnaissant parmi eux son père Amonasro, se trahit. Celui-ci plaide pour son peuple. Radamès ému demande la libération des prisonniers. Le pharaon accepte à condition qu’Aïda et son père restent en Égypte, et donne la main de sa fille à Radamès. Amnéris est heureuse, Aïda pas.

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Acte III : La nuit sur les bords du Nil, près du temple d’Isis. Amnéris et Ramphis viennent invoquer Isis avant le mariage d’Amnéris. Au même moment, Aïda attend Radamès qui lui a donné rendez-vous à cet endroit. Elle chante son désespoir de ne plus voir sa patrie (Air : Oh, patria mia). Amonasro tente de la convaincre de trahir Radamès au nom de cette patrie, et essaie de connaître le chemin que doit prendre l’armée égyptienne pour pouvoir l’attaquer. Aïda refuse et se fait maudire par son père, avant de se laisser convaincre, pour sauver son peuple et revoir sa patrie. Entendant Radamès arriver, Amonasro se cache. Aïda réussit à convaincre Radamès de fuir avec elle, et demande quel chemin prendre pour éviter de croiser la route de l’armée égyptienne (Duo : Fuggiam gli ardori inospiti). Il le lui dit. Amonasro sort alors de sa cachette, et Radamès se rend compte qu’il a trahi son secret et sa patrie. Ils essaient de convaincre Radamès de les suivre en Éthiopie où il pourra couler des jours heureux avec Aïda, mais à ce moment, Amnéris et Ramphis sortent du temple d’Isis. Amonasro veut la poignarder, mais Radamès l’en empêche, avant de favoriser la fuite du père et de sa fille, et de se livrer à Ramphis.

Acte IV : Dans le palais, Amnéris s’inquiète du sort de Radamès, qu’elle aime malgré sa trahison. Elle le fait venir. Radamès se défend et lui reproche d’avoir tué Aïda. Amnéris lui dit qu’Aïda a réussi à s’enfuir et lui promet la grâce s’il accepte de ne plus la revoir, mais il refuse. Radamès est jugé et est condamné à être emmuré vivant, au grand dam d’Amnéris (Chœur : Spiato del nume).

Dans la crypte du temple, Radamès se lamente sur son sort. Il entend un bruit, c’est Aïda qui a réussi à se glisser avec lui. Ils meurent dans les bras l’un de l’autre (Duo : O terra, addio) tandis que dans le temple, Amnéris prie pour qu’ils obtiennent la paix éternelle.

Mes opéras préférés

LES INDES GALANTES de RAMEAU

Le genre des Indes galantes est ce qu’on appelle un opéra-ballet, une forme dérivée de la tragédie lyrique, où la danse tient une grande importance. On ne parle plus de découpage en actes, mais en entrées, chaque entrée pouvant raconter une histoire indépendante des autres, rompant ainsi la règle des trois unités chère aux auteurs classiques.

Le premier opéra-ballet fut l’Europe galante (1697), de CAMPRA. Les Indes galantes est donc une réponse à cette Europe galante.

Composé par RAMEAU en 1735, cet opéra-ballet ne comportait à sa création que trois entrées. La quatrième a été rajoutée à la reprise en 1736.

  • Le Turc généreux : Classique histoire d’Occidentaux qu’une tempête a jetés sur les rivages turcs. Osman tombe amoureux d’Émilie, désespérée d’avoir perdu son fiancé. Quand elle le retrouve, le turc, généreux, les laisse à leur amour.

 

  • Les Incas du Pérou : Carlos, vainqueur des incas aime la princesse Phani. Huascar le grand prêtre du soleil reproche son attitude à Phani. Il simule une éruption volcanique, mais meurt écrasé par les rochers, laissant Carlos et Phani libres de leur amour.

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  • Les fleurs : Tacmas, prince persan, est amoureux de Zaïre, une esclave de son ami Ali, qui lui est amoureux de Fatima. Après un chassé-croisé, tout est bien qui finit bien.

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  • Les sauvages d’Amérique : Adario, chef indien battu par les Français et les Espagnols, s’inquiète à propos de Zima dont il est amoureux mais qui est courtisée à la fois par le chef français et le chef espagnol. Zima les rejette pour se tourner vers Adario. Tout se termine autour du calumet de la paix.

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