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Divers, Histoire de l'opéra

ILS ONT ÉCRIT DES REQUIEMS

Musique funèbre, messe des morts, le Requiem est une forme musicale prisée des compositeurs (ils en ont écrit plus de mille). Parmi eux, les compositeurs d’opéras ne se sont pas privés pour écrire des requiems, comme celui archiconnu de MOZART.

Basés, notamment, sur le très ancien thème grégorien (XIIIe siècle) Dies Irae, Dies illa, les requiems ont vocation à faire peur de l’enfer à ceux qui restent.

Grégorien Dies IraeCliquez sur l’image

Je vous propose ici quelques requiems écrits par des compositeurs d’opéras.

À la mort de BELLINI en 1835, son rival et ami DONIZETTI écrit un requiem à sa mémoire.

Donizetti Requiem dies iraeCliquez sur l’image

En 1837 BERLIOZ écrit sa Grande messe des morts pour l’exécution de laquelle il rêvait de moyens pléthoriques, 200 instrumentistes et 500 ou 600 choristes.

Berlioz requiem tuba mirumCliquez sur l’image

Le requiem de VERDI (1874) est également très théâtral.

Verdi Requiem tuba mirumCliquez sur les trompettistes du jugement dernier

Parmi les requiems devenus classiques, j’ai un gros faible pour le requiem allemand de BRAHMS, avec son ostinato de timbales, et j’en profite pour citer ici ce musicien qui, n’ayant pas composé d’opéra, trouve rarement sa place sur ce blog.

Brahms RequiemCliquez sur l’image

Le requiem de DVORAK date de 1890.

Dvorak requiem

Gabriel FAURÉ, l’auteur de Pénélope, a écrit en 1888 un requiem à la mémoire de sa mère qui, tout en douceur, est à l’opposé de ceux de Berlioz et Verdi. Encore une de mes œuvres préférées, peut-être  parce que c’est la première que j’ai eu l’occasion de chanter.

Fauré Requiem IntroïtCliquez sur l’image

Le War Requiem (1962) de BRITTEN n’est pas une messe des morts. Il s’agit d’une œuvre à double chœur et double orchestre où alternent les parties liturgiques « classiques » et une mise en musique d’un poème d’OWEN, faisant dialoguer entre eux deux soldats morts pendant la guerre de 14 – 18 et dénonçant l’absurdité des guerres.

Britten War Requiem SanctusCliquez sur l’image

Deux ans plus tard, c’est le français Olivier MESSIAEN qui compose un requiem à la mémoire des morts des deux guerres mondiales, son Et exspecto resurrectionem mortuorum (et j’attends la résurrection des morts).

messiaen et exspecto resurrectionem mortuorum

J’aurais voulu aussi vous parler de GOUNOD et de SAINT-SAËNS, mais ce billet aurait pris trop d’ampleur. Je me réserve de parler de leurs requiems dans les billets que j’écrirai à leur sujet.

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écrivains, littérature

Jean RACINE (1639 – 1699)

Comme celles de ses aînés CORNEILLE et MOLIÈRE, les pièces du tragédien Jean RACINE (1639 – 1699) ont inspiré bien des compositeurs d’opéras, et non des moindres.

Ainsi, le peu connu (de nos jours) Alexandre le Grand (1665) lui vaut les faveurs du roi Louis XIV et de Mme de Montespan. Dès lors ses tragédies seront très bien reçues à la cour. Alexandre a inspiré un opéra à LEFROID de MÉREAUX en 1783.​

Andromaque (1667) a inspiré à GRÉTRY un opéra du même nom en 1780, ainsi qu’à ROSSINI son Ermione en 1819.

Grétry Andromaque ouvertureCliquez sur l’image

La Clémence de Titus de MOZART, dont le livret est une adaptation de celui écrit par METASTASE, est indirectement inspiré de Bérénice (1670).

Mozart encore s’est inspiré de la pièce Mithridate (1673) pour son Mithridate, Roi du Pont.

L’Iphigénie en Aulide de GLUCK est inspiré de l’Iphigénie (1674) de Racine.

Gluck iphigénie en AulideCliquez sur l’image

Phèdre (1677) a inspiré RAMEAU pour son opéra Hippolyte et Aricie. Deux siècles plus tard, BRITTEN écrira la cantate Phaedra.

Rameau Hippolyte et Aricie quelle plainte en ces lieuxCliquez sur Phèdre

Racine abandonne ensuite l’écriture de ses pièces pour devenir historiographe de Loulou XIV.

En 1689, à la demande de Mme de Maintenon, il écrit deux tragédies bibliques pour les demoiselles de Saint-Cyr :

Esther (1689) qui a été écrit avec des chœurs de MOREAU. HAENDEL en tirera l’argument de son premier oratorio (1714). Deux ans après le même Moreau a écrit la musique accompagnant Athalie (1691), ses chœurs étant réécrits par GOSSEC un siècle plus tard, puis par BOÏELDIEU en 1813. Comme Esther, cette pièce a inspiré un oratorio à Haendel, Athalia (1733) et MENDELSSOHN a également composé une musique de scène pour Athalie.

Haendel AthaliaCliquez sur l’image

Et tant qu’on est dans Racine, je m’en voudrais de ne pas citer FAURÉ et son Cantique de Jean RACINE de Fauré, si agréable à chanter (et à écouter).

Fauré Cantique de Jean RacineCliquez sur Fauré

Pascal COLASSE (1649 – 1709) (qui a également écrit des opéras sur des livrets de La FONTAINE et de ROUSSEAU) a mis en musique les Cantiques spirituels.

collasse racine cantiques spirtituelsCliquez sur l’image

(Source : Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcelle BENOIT, éditions FAYARD 1992).

Mes opéras préférés, Mythologie

IPHIGÉNIE EN TAURIDE

Tragédie-opéra de GLUCK créée en 1779 à l’académie royale de musique, c’est la dernière tragédie lyrique de Gluck. Il y a recyclé beaucoup d’airs de sa période italienne. Gluck avait déjà mis en scène Iphigénie dans son Iphigénie en Aulide, d’après RACINE, en 1774.

Iphigénie a été envoyée en Tauride par Diane, afin de la protéger d’un sacrifice voulu par son père Agamemnon, pour gagner la guerre de Troie. Quand l’œuvre commence, elle est donc en Tauride (pays imaginaire que l’on peut situer vers l’actuelle Crimée)  depuis quinze ans, sans nouvelles de sa famille.

Acte I : Après une ouverture symphonique évoquant la tempête, Iphigénie se souvient de son cauchemar de la nuit, lui rappelant la malédiction dont sa famille est victime depuis Tantale. Elle a vu sa mère Clytemnestre tuer Agamemnon son père et elle-même tuant son frère Oreste.

Gluck iphigénie en Tauride o toi qui prolongeas mes joursCliquez sur l’image

Le roi des Scythes, Thoas, apparaît. Un oracle lui ayant prédit qu’il mourrait tué par un étranger, il fait mettre à mort tout étranger qui débarque sur son île. Le peuple chante un chant barbare, réclamant du sang pour expier les crimes passés. Deux étrangers sont rejetés par la tempête sur le rivage. Le peuple est content, ils feront de bonnes victimes. On les interroge, mais ils taisent leur nom. Thoas les condamne à mort.

Acte II : Les deux étrangers enchaînés dans leur cellule attendent la mort. Il s’agit d’Oreste et Pylade. Oreste regrette d’avoir entraîné son ami Pylade à la mort (Air : Dieux qui me poursuivez). Pylade essaie de le calmer.

Gluck Iphigénie en Tauride unis dès la plus tendre enfanceCliquez sur Pylade

On les sépare. Oreste se calme avant de s’endormir.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

Dans son sommeil, il voit les Euménides, qui l’accusent d’avoir tué sa mère. Iphigénie entre, mais Oreste, dans son trouble, ne la reconnaît pas et croit voir apparaître Clytemnestre. Elle lui demande d’où il vient. Il répond qu’il vient de Mycènes. Elle demande alors des nouvelles d’Agamemnon, et Oreste lui raconte toute la tragédie des Atrides. Iphigénie se rend compte que son cauchemar est devenu réalité.

Gluck Iphigénie en Tauride O malheureuse IphigénieCliquez sur Iphigénie

Acte III : Iphigénie veut prévenir sa sœur Électre. Elle a pitié des condamnés, dont un lui rappelle son frère Oreste, qui aurait le même âge (Air : D’une image hélas trop chérie). Mise en présence des deux hommes, elle discute avec Oreste et Pylade, et se résout à sauver l’un des deux. Elle choisit Oreste et lui donne un message pour sa sœur Électre. Les deux amis se disputent l’honneur de mourir pour l’autre. Oreste décide de rester pour sauver Pylade, et c’est Pylade qui part. Oreste lui recommande de porter ses derniers soupirs à sa sœur.

Acte IV : Iphigénie doit sacrifier Oreste, mais elle est partagée entre son devoir et l’horreur du sacrifice.

Gluck iphigénie en Tauride je t'implore et je trembleCliquez sur l’image

Au moment de mourir, Oreste qui croit sa sœur morte en Aulide, déclare : Ainsi périt Iphigénie en Aulide, lui révélant ainsi qu’elle est sa sœur. Elle tombe dans ses bras.

Thoas, qui a appris la fuite de Pylade, vient s’assurer du sacrifice d’Oreste. Iphigénie lui révèle que le captif est son frère, et qu’elle ne peut le frapper. Les prêtresses de Diane défendent Oreste, mais Thoas, furieux, veut tuer et le frère et la sœur. Pylade arrive avec une troupe grecque et tue Thoas. Diane paraît. Elle pardonne à Oreste d’avoir tué sa mère, et lui enjoint de retourner à Mycènes pour monter sur le trône d’Agamemnon. Elle renvoie également Iphigénie en Grèce. Tout le monde se réjouit de cette fin heureuse (Chœur : Les dieux, longtemps en courroux).

 

Compositeurs, Histoire de l'opéra

Christoph Willibald GLUCK (1714 – 1787)

GLUCK est né à Erasbach (Bohème) en 1714. Fils d’un garde-chasse, il étudie la musique comme enfant de chœur dans un collège de jésuites, où il apprend le chant, le clavecin, l’orgue et le violon. Il gagne Prague en 1732, où il complète ses études et gagne sa vie comme violoniste.

En 1736, il se rend à Vienne, où il se fait remarquer par le prince MELZI, qui l’emmène à Milan. Il fait ses débuts au théâtre en 1741 avec Artaserse, qui est un grand succès suivi d’autres commandes. Il écrit alors une vingtaine d’opéras serias (dans le style italien) pour Londres, Copenhague, Prague, Vienne, Rome, etc., œuvres qui n’ont pas été conservées.

Gluck est appelé à Londres en 1745. Il passe par Paris, où il entend des opéras de RAMEAU, et arrive à Londres alors qu’y triomphe HAENDEL.

Il quitte Londres pour Vienne où il donne Semiramide (1748) et où il se marie en 1750. En 1754, il obtient un poste de Kappelmeister à Vienne. Son style évolue alors vers l’opéra-comique français, ses livrets lui étant envoyés de Paris par FAVART. C’est ainsi qu’en 1760, il écrit l’Ivrogne corrigé d’après LA FONTAINE. En 1761, il fait la connaissance du librettiste CALZABIGI. De leur collaboration naîtra Orfeo ed Euridice (1762) qui est une révolution pour l’époque, la primauté étant donnée à l’action et l’expression des sentiments plutôt qu’à la virtuosité des chanteurs. Orfeo est suivi par Alceste en 1767.

gluck orfeo che faro senza EuridiceCliquez sur l’image

Mais Gluck veut triompher à Paris. (Comme Haendel, musicien allemand ayant composé en Angleterre des opéras écrits en italien, Gluck musicien bohème est parti en France écrire des opéras en français, après avoir composé des opéras en italien à Vienne). L’ambassadeur de France à Vienne lui propose un livret sur Iphigénie en Aulide, d’après RACINE, et recommande Gluck à Antoine DAUVERGNE, le directeur de l’Académie de musique. En fin politique, Gluck demande également sa protection à sa compatriote MARIE-ANTOINETTE, qui l’appelle à Paris en 1773. Iphigénie en Aulide est créé en 1774, la même année que sa réécriture d’Orphée en français. En 1776 paraît la version française d’Alceste, opéra que Gluck avait créé pour Vienne en 1767.

Gluck alceste ombres, larves ...Cliquez sur l’image

Après des débuts laborieux, le succès va croissant. En 1777 paraît Armide, que Gluck a écrit sur le même livret que LULLY un siècle auparavant. C’est un immense succès. En 1779, c’est le triomphe d’Iphigénie en Tauride, qui avait été mis en compétition entre Gluck et son rival PICCINI. Ce triomphe fut terni par l’échec de son opéra suivant, Écho et Narcisse (1779). Il se retire à Vienne, et n’écrira plus pour le théâtre. Victime de plusieurs attaques cérébrales, il meurt à Vienne en 1787.

À noter que ses différentes déclarations sur la musique dramatique, opposant la conception française et la conception italienne de l’art dramatique contribueront à la naissance de la querelle des bouffons.

Dans les 30 ans qui séparent RAMEAU de Gluck, la philosophie des Lumières est passée par là, et on passe du baroque de Rameau au préromantisme de Gluck, dont l’influence s’exercera sur les compositeurs à venir tels que BERLIOZ ou WAGNER. On considère ainsi qu’il est le premier compositeur à s’être servi des deux langages, musique et texte, pour raconter simultanément deux histoires différentes (cf. l’air : « Le calme rentre dans mon cœur » de Iphigénie en Tauride), presque un siècle avant Wagner, qui révérait Gluck. Il faut noter aussi le resserrement de l’action, et l’importance redonnée aux chœurs, qui sont là pour souligner et commenter l’action, comme dans le théâtre antique.

Gluck iphigénie en Tauride la calme rentre...Cliquez sur Oreste

 

bande dessinée, histoire, littérature

UN OPÉRA DE PAPIER (Edgar P. JACOBS)

À l’occasion de la sortie du nouvel album des aventures de Blake et Mortimer, le dernier Pharaon, par François SCHUITEN, il m’est revenu qu’avant d’être dessinateur, E.P.JACOBS (1904 – 1987), le créateur de la série, était baryton.

Il a raconté ses souvenirs dans sa biographie, Un Opéra de papier (Gallimard, 1981), où on apprend qu’après avoir découvert Faust à la Monnaie de Bruxelles, il se fait à tout le répertoire français, italien et allemand pour arriver aux « modernes », Pelléas de DEBUSSY, Marouf de RABAUD et l’Heure espagnole de RAVEL.

Se découvrant une jolie voix de baryton, il entre en 1921 comme figurant puis comme choriste à la Monnaie, où il débute dans Guillaume Tell de ROSSINI, avant de jouer les gardes dans Carmen, Aïda ou Salomé. Après ces rôles de figuration, il commence dans le chant en tant que choriste dans la revue de… MISTINGUETT !

À la saison suivante il chante, enfin, dans les chœurs de la Monnaie où il a l’occasion de jouer de petits rôles, tel celui de Sylvio dans Paillasse.

leoncavallo paillasse duo Sylvio NeddaCliquez sur Sylvio et Nedda

En 1929, il obtient son grand prix de chant et entre immédiatement à l’opéra de Lille où il débute dans le rôle de Brétigny, de Manon. Il a chanté le Méphistophélès de La Damnation de Faust de BERLIOZ,

jacobs méphisto

ou encore le rôle de Frédéric dans Lakmé de DELIBES.

Delibes lakmé quand une femme est si jolieCliquez sur l’image

Las, la crise de 1929 – 1930 fait que la France ferme ses frontières aux étrangers et Jacobs est obligé de repartir en Belgique.

Dès lors, il exerce de plus en plus ses talents d’illustrateurs jusqu’à ce qu’en 1942, on lui demande d’achever les Aventures de Flash Gordon, dont les planches venues des États-Unis n’arrivaient plus en Belgique. En 1943, il entre au studio Hergé et en 1948, il fait partie de la création du journal Tintin, où il commence les aventures de Blake & Mortimer.

HERGÉ s’amusera à le faire apparaître dans ses albums de Tintin & Milou.

On le voit ainsi sur la couverture des Cigares du pharaon, sous le pseudonyme transparent d’E.P.Jacobini ou dans le bas de la page 38 du Sceptre d’Ottokar, où il est représenté discutant avec Hergé.

hergé jacobs

On le trouve aussi dans l’Affaire Tournesol sur l’affiche du Faust de Gounod, où il partage la vedette avec La Castafiore L’Affaire Tournesol.

Pour revenir à Blake & Mortimer, notons que l’album S.O.S. Météores débute place de l’Opéra à Paris.

jacobs SOS météores opéraCliquez sur le palais Garnier

Dans le dernier Pharaon, quand Mortimer pénètre enfin dans le palais de Justice de Bruxelles, il entend Aïda de VERDI, dans ce qui est probablement un hommage de Schuiten au passé lyrique de Jacobs.

jacobs pharaon aïdaCliquez sur Mortimer

(Sources : Edgar P.Jacobs, Un opéra de papier, Gallimard, 1981

Blake et Mortimer, Œuvres complètes, éditions Blake et Mortimer

Hergé, les Aventures de Tintin et Milou, éditions Casterman).

Mes opéras préférés

LE CHEVALIER À LA ROSE (DER ROSENKAVALIER)

Le chevalier à la rose (Der Rosenkavalier) est le deuxième opéra fruit de la collaboration de Richard STRAUSS et Hugo von HOFFMANNSTHAL. Écrit en 1910, il est représenté au théâtre de la cour à Dresde en 1911.

Avec cette « comédie en musique » voulue par les auteurs comme un hommage aux Noces de Figaro de MOZART, Strauss se défait de son wagnérisme initial. Tout en raffinement, un charme crépusculaire baigne la partition.

Acte I : Dans la chambre de la maréchale, au matin. Celle-ci est avec son jeune amant, le comte Octavian. Ils prennent leur petit-déjeuner ensemble quand un bruit leur fait craindre le retour du maréchal. Octavian cherchant à se cacher prend les vêtements de la femme de chambre. Un cousin de la maréchale, le baron Ochs, entre. Le baron, séduit par Octavian, l’empêche de partir et lui fait des avances. À la maréchale qui s’en étonne, il s’explique par une profession de foi de jouisseur impénitent avant de revenir à son propos initial : il est venu parler de son mariage avec Sophie, la fille du marchand Faninal récemment anobli. Il vient demander à la Maréchale qui serait susceptible de porter la rose d’argent à sa fiancée Sophie, suivant une coutume de l’époque. La Maréchale qui a remarqué l’attrait qu’exerce Octavian dans ses habits de femme sur le baron Ochs, propose Octavian.

La cour de la Maréchale entre alors pour préparer son lever. Le baron Ochs et le notaire discutent du contrat de mariage à établir. La Maréchale fait sortir tout le monde. Deux intrigants proposent leurs services à Ochs pour obtenir de la jeune servante un rendez-vous.

Restée seule, la Maréchale qui se sent vieillir et sentant que son charme va bientôt passer se laisse aller à la mélancolie. Octavian revient habillé en homme, et elle lui prédit que tôt ou tard, il la quittera pour une femme plus jeune et plus jolie.

strauss rosenkavalieract I die Zeit ist ein sonderbar DingCliquez sur la maréchale et Octavian

Il proteste de sa fidélité. Pourtant, comme elle lui refuse un moment avec elle, il la quitte. Elle cherche à le faire revenir, mais trop tard, il est parti sans même qu’elle ait pu lui dire au revoir. Elle demande à son laquais de porter l’écrin de la rose d’argent à Octavian.

Acte II : Chez monsieur de Faninal, le jour des fiançailles, tout le monde se réjouit, Sophie chante son émotion. Octavian paraît, porteur de la rose d’argent. Il s’avance vers Sophie et la lui remet. Les deux jeunes gens se sentent immédiatement attirés l’un par l’autre.

strauss act II mir ist die Ehre widerfahrenCliquez sur Sophie et Octavian

Le baron Ochs arrive à son tour. Sa grossièreté (il lui rappelle son origine bourgeoise et la chance qu’elle a de se marier avec un représentant de la vraie noblesse), heurte Sophie. Elle le compare à un maquignon qui viendrait l’acheter. Quand Faninal demande au baron Ochs de venir signer le contrat de mariage, le baron confie Sophie à Octavian pour lui tenir compagnie.

Sophie demande à Octavian de la secourir et Octavian lui propose son aide ce qui les rapproche encore. Les deux intrigants ont tout vu et veulent prévenir Ochs. Ochs refuse de prendre au sérieux les révélations d’Octavian, qui lui annonce que Sophie ne l’aime pas et qu’il doit renoncer à elle. Mais le ton montant, il le provoque en duel et, tirant son épée, le blesse au bras. Le baron se met à crier et tout le monde crie au scandale. Faninal renvoie Octavian, et menace d’envoyer au couvent sa fille qui refuse de se marier avec Ochs. Le baron se fait soigner par les serviteurs de Faninal en préparant sa revanche contre Octavian et Sophie.

Le baron reçoit un petit mot de billet. C’est la servante remarquée chez la maréchale qui lui propose un rendez-vous galant, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Il feint toutefois d’ignorer les appels à récompense de l’entremetteuse.

Acte III : Dans l’auberge où il a donné rendez-vous à Ochs, Octavian prépare, avec les deux intrigants déçus par le comportement du baron, une mise en scène destinée à discréditer celui-ci, afin d’empêcher son mariage avec Sophie.

Ochs arrive à ce qu’il croit être un souper galant mais, troublé par la ressemblance entre la servante et Octavian, se sent mal à l’aise. Octavian livre ses réflexions sur le temps qui passe, dans une parodie des réflexions de la maréchale au premier acte. Quand le piège ourdi contre lui se déclenche, le baron Ochs appelle l’aubergiste, mais c’est l’intrigante qui apparaît, prétendant être la femme abandonnée du baron. Octavian envoie discrètement chercher Faninal, pendant que le baron appelle la police, qui arrive. Ochs tente de s’expliquer, disant qu’il était en train de souper avec sa fiancée. Le commissaire croit alors qu’Octavian, déguisé en femme, est la fille de Faninal, ce que celui-ci dément. Il envoie chercher Sophie qui attend dehors quand des enfants font irruption et entourent le baron en l’appelant « papa ». Le scandale est complet.

Octavian met le commissaire dans la confidence, avant de se retirer pour remettre ses vêtements d’homme. La Maréchale, avertie, arrive et comprend tout. Elle fait comprendre à Ochs qu’il serait bon qu’il parte, ce qu’il fait sans bien comprendre ce qui lui arrive, au grand désespoir de ses domestiques qui cherchent à se faire payer. Sophie, voyant l’attitude d’Octavian vis-à-vis de la Maréchale, croit son amour perdu.

Quand le calme est revenu, la Maréchale comprend que le moment qu’elle redoutait est arrivé. Octavian déclare son amour à Sophie, et la Maréchale rapproche les deux jeunes gens avant que de se retirer avec noblesse. Les deux jeunes gens n’osent croire à leur bonheur !

strauss rosenkavalier trio final

 

Opéra viennois, la partition repose bien évidemment sur la valse. Il existe même une version orchestrale qui est souvent donnée en concert.

strauss rosenkavalier suite orchestraleCliquez sur l’image

Et puis, une fois n’est pas coutume, je vous présente ici une deuxième version de la présentation de la rose à Sophie, quand l’amour naît entre elle et Octavian.

strauss rosenkavalier duo 2e acte Dessay von OtterCliquez (encore) sur Sophie et Octavian

 

Historique, littérature, Mythologie

QUELQUES OPÉRAS BIBLIQUES

Depuis l’origine du genre, les livrets d’opéra étaient tirés de la mythologie (grecque ou latine), mais très vite, des scènes tirées de la Bible ont servi d’argument aux livrets.

Commençons par la Genèse, et le très beau (et méconnu) Déluge (Il Diluvio universale) (1682) de FALVETTI.

falvetti il diluvio universalePartagez l’enthousiasme des solistes de la Capella Mediterranea en cliquant sur l’image

À la même époque en France Marc-Antoine CHARPENTIER mettait en musique l’amitié de David & Jonathas (1688).

charpentier david et jonathasCliquez sur David & Jonathas

Les deux « tragédies bibliques » de Jean RACINE ont été mises en musique par HAENDEL, qui en a tiré deux oratorios Esther et Athalia.

C’est au XIXe siècle que l’on commencera à faire de « vrais » opéras à partir des textes sacrés de la Bible. Parmi eux, on peut citer ceux se passant en Égypte, comme Joseph (1807) de MÉHUL ou Moïse en Égypte (1818) de ROSSINI.

Mehul Joseph part 3Cliquez sur l’image

SAINT-SAËNS écrit l’opéra-péplum Samson et Dalila (1859 – 1877) et MASSENET Hérodiade (1881) d’après FLAUBERT.

saint-saens samson et dalilaCliquez sur Dalila et Samson

massenet hérodiade il est douxCliquez sur l’image

Au XXe siècle, on peut noter Salomé (1905) de R.STRAUSS ainsi que son ballet La Légende de Joseph, écrit en 1914 pour les Ballets russes, et encore Moïse et Aaron de SCHÖNBERG.

Moins directement biblique, on peut aussi noter l’importance de la Bible dans Wozzeck de BERG (le soldat Wozzeck cherche à comprendre le sens de la vie en lisant la bible, et sa femme Marie cherche à comprendre sa propre histoire à travers celle de la pécheresse Marie-Madeleine.)

Dans l’opéra-jazz Porgy & Bess (1935) de GERSHWIN, un dealer a une lecture impertinente de la Bible.

gershwin porgy and bess it ain t necessarily soCliquez sur l’image

Une autre forme musicale, proche de l’opéra (il s’agit aussi d’histoire racontée en musique), l’oratorio, a également abondamment puisé ses sujets dans la Bible.

HAENDEL avec Israël en Égypte, Solomon ou encore le Messie, et HAYDN avec la Création.

Enfin, retrouvez d’autres opéras bibliques en allant sur l’excellent site Le Voyage lyrique.

https://www.levoyagelyrique.com/l-opera-et-la-bible