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Mes opéras préférés

MANON de MASSENET (1883)

Manon est, avec Werther, un des opéras les plus populaires de MASSENET. Il lui donne l’occasion de déployer son génie lyrique avec des airs comme « Adieu notre petite table » et « Ah fuyez douce image » ou les duos Nous vivrons tous les deux ou « N’est-ce plus ma main que cette main presse ».

Écrite sur un livret d’Henry Meilhac entre 1881 et 1883, l’œuvre est créée en 1884 à l’Opéra-Comique. Elle est tirée du roman de l’Abbé Prévost La véritable histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut paru en 1731. Cet opéra a connu le succès dès sa création. Ce roman avait déjà était adapté par SCRIBE pour D.F.E. AUBER en 1856, et le sera encore par PUCCINI en 1893.

Acte I : Dans la cour d’une hostellerie, le vieux Guillot et Brétigny appellent l’hôtelier pour festoyer avec trois jeunes galantes. Pendant ce temps, Lescaut, un soldat, attend sa cousine Manon pour la conduire au couvent. Le coche arrive et les passagers descendent, se plaignant des désagréments du voyage. Manon paraît et Lescaut et Manon font connaissance.

massenet manon je suis encore tout étourdieCliquez sur Manon

Puis Guillot, voyant la jeune fille, cherche à la séduire. Restée seule, Manon, songeuse, compare la vie de luxe et de plaisir des trois jeunes femmes et la vie austère qui l’attend au couvent (Air : « Voyons, Manon, plus de chimère »). Arrive le chevalier des Grieux. Au premier regard, il tombe amoureux de Manon, qui elle tombe sous le charme de des Grieux. Des Grieux convainc Manon de le suivre à Paris (Duo : « Nous vivrons à Paris tous les deux »). Quand Lescaut et Guillot reviennent, Manon est partie.

Acte II : Des Grieux et Manon sont installés dans une chambre à Paris. Des Grieux écrit une lettre à son père où il lui demande l’autorisation d’épouser sa fille. Ils la lisent ensemble (Duo : On l’appelle Manon).

massenet manon acte IICliquez sur l’image

Lescaut arrive pour sauver l’honneur de sa famille, accompagné de Brétigny habillé en soldat. Celui-ci prévient Manon que le père de des Grieux veut faire enlever son fils (Quatuor). Si elle laisse faire cet enlèvement, il veillera à ce qu’elle vive toujours dans le luxe. Manon cède. Restée seule, elle dit adieu à leur bonheur passé (Air : « Adieu, notre petite table »).

massenet manon adieu notre petite tableCliquez sur Manon

À son retour, des Grieux évoque le bonheur de vivre avec Manon (Air : en fermant les yeux…). On frappe à la porte. Des Grieux va ouvrir, et il est enlevé.

Acte III : Lors d’une fête au Cours-la-Reine, Lescaut dépense sans compter pour la femme qu’il aime (Air : À quoi bon l’économie). Les « élégantes » paraissent, parmi lesquelles Manon au bras de Brétigny, son nouvel amant (Airs : Je marche sur tous les chemins, suivi de Profitons bien de la jeunesse).

massenet manon je marche sur tous les cheminsCliquez sur Manon

Une conversation surprise entre Brétigny et le comte des Grieux lui apprend que le chevalier veut entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Manon cherche à savoir auprès de des Grieux si son fils pense encore à elle. Guillot, qui espère toujours séduire Manon, fait venir à la fête le ballet de l’Opéra, mais Manon décide de partir chercher le chevalier à Saint-Sulpice, persuadée qu’il ne peut l’avoir oubliée.

À Saint-Sulpice, où l’abbé des Grieux est devenu la coqueluche de ces dames par ses sermons, le comte essaye de dissuader son fils de prononcer ses vœux, mais en vain (Air : Épouse quelque belle fille). Pourtant, sa prière montre qu’il doit lutter contre le souvenir de Manon.

massenet manon ah fuyez douce imageCliquez sur des Grieux

L’arrivée de Manon, qui vient lui demander pardon, le trouble. Il cherche à résister, mais finit par céder devant son charme (Air : N’est-ce plus ma main).

Acte IV : À l’hôtel de Transylvanie, on se livre au jeu et aux plaisirs. Manon arrive avec son chevalier et le pousse à jouer, pour regagner sa fortune dilapidée. Il se laisse entraîner et pendant qu’il joue, Manon chante son amour de l’or et de la vie (Air et trio : À nous les amours et les roses). Il réussit à gagner une très grosse somme contre Guillot qui, jaloux, l’accuse d’avoir triché. La police arrive et arrête Manon et des Grieux. Son père intervient pour faire relâcher des Grieux, mais Manon est condamnée à la déportation.

Acte V : Sur la route du Havre, des Grieux et Lescaut attendent le convoi des déportées (Air : Manon, pauvre Manon). Lescaut soudoie un sergent pour que Manon et des Grieux puissent rester un moment seuls. Manon s’accuse d’avoir gâché leur amour et implore le pardon du chevalier. Des Grieux cherche à la rassurer, mais Manon est trop épuisée pour fuir avec lui et meurt dans ses bras (reprise lacrymogène de l’air : N’est-ce plus ma main que cette main presse).

massenet manon final acte 5Cliquez sur l’image

 

 

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écrivains, littérature

Les librettistes

On connaît généralement bien dans l’univers de l’opéra les compositeurs, les chanteurs et les chefs d’orchestre, voire les metteurs en scène (en bien ou en mal), mais il y a une catégorie dont on parle peu : les auteurs des livrets, encore appelés librettistes (de l’italien libretto = livret). Et pourtant, sans eux, pas d’histoire et sans histoire, pas d’opéra.

Certains auteurs, et non des moindres, se sont prêtés au jeu d’écrire des poèmes (c’est ainsi qu’on appelait les livrets, car jusqu’au XIXe siècle, ils étaient écrits en vers, tout comme les pièces de théâtre) pour les compositeurs de leur époque.

Ainsi, LULLY (1632 – 1687) a commencé ses comédies-ballets avec MOLIÈRE et Molière s’associera avec CORNEILLE et QUINAULT pour le livret de Psyché (1671). Plus tard, après la brouille entre Molière et Lully, Quinault deviendra le librettiste attitré de Lully, alors que Marc-Antoine CHARPENTIER écrira les musiques de Molière.

Le successeur de Lully en France, RAMEAU (1683 – 1764) commence sa carrière à l’opéra avec un livret de VOLTAIRE, Samson (vers 1732). Le rival de Voltaire, ROUSSEAU, écrit lui-même le livret de son opéra Le Devin du village (1752). Rameau a écrit un autre ouvrage en collaboration avec Voltaire, La Princesse de Navarre (1745), dont une reprise fut confiée à … Rousseau dès la fin de cette année 1745.

Pendant ce temps en Italie, MÉTASTASE (Pietro METASTASIO) (1678 – 1782) écrivait des livrets d’opéra. Plus de 1000 opéras seront écrits sur les 27 poèmes de Métastase. MOZART lui-même les mettra en musique : Il Re pastore (1775) et La Clémence de Titus (1791). Mozart travaillera également avec un autre librettiste, Lorenzo DA PONTE pour sa « trilogie Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni.

À propos des Noces de Figaro, BEAUMARCHAIS (1732 – 1799) a écrit son propre opéra, Tarare, qui sera mis en musique par SALIERI., le « rival » de Mozart.

Salieri tarareCliquez sur l’image

Victor HUGO a adapté lui-même son œuvre Notre-Dame de Paris pour le Esmeralda de Louise BERTIN.

La première moitié du XIXe siècle en France est celle d’Eugène SCRIBE (1791- 1861). La liste des compositeurs pour qui il a écrit est impressionnante, de BOÏELDIEU et sa Dame blanche (1825), ROSSINI et le Comte ORY (1828), MEYERBEER et Robert le diable (1831), HALEVY avec La Juive (1835) ou DONIZETTI avec La Fille du régiment (1840).

boïeldieu la dame blanche ouvertureCliquez sur Boïeldieu

Mais c’est avec D.F.E. AUBER que sa collaboration a été la plus féconde, puisqu’ils ont travaillé ensemble sur 38 opéras ou opéras-comiques, dont La Muette de Portici (1828) ou Gustave III, roi de Suède (1833). Les livrets de Scribe ont été souvent réutilisés, par exemple Le Philtre (1831) écrit pour Auber est devenu l’Élixir d’amour (1832) de Donizetti, le vaudeville La Somnambule (1819) servira de trame à l’opéra du même nom de BELLINI en 1831, et le Gustave III servira de support au Bal masqué (1859) de VERDI. Scribe a d’ailleurs écrit le livret du premier opéra écrit par Verdi pour l’opéra de Paris : Les Vêpres siciliennes (1855).

verdi les vêpres siciliennesCliquez sur l’image

Certains compositeurs soucieux de l’équilibre entre texte et musique ont écrit eux-mêmes leurs livrets. C’est le cas notamment de WAGNER (1813 – 1883).

Sur la fin de sa vie, Verdi a travaillé avec Arrigo BOÏTO, lui-même auteur d’opéras (Hamlet, Mefistofele). Ils écriront ensemble Otello (1884) et Falstaff (1890). Outre Verdi, Boïto a écrit le livret du premier opéra composé par PUCCINI (La Villi [1884]) et celui de La Gioconda (1876) de PONCHIELLI.

Les librettistes se sont parfois mis à deux pour écrire leurs textes. Le duo le plus connu est celui formé par MEILHAC et HALÉVY, les auteurs de La belle Hélène (1864) pour OFFENBACH, Carmen (1875) pour BIZET ou encore Manon (1881) pour MASSENET. J’ai lu récemment sur un blog consacré à l’opéra un article sur un autre duo de librettistes, celui formé par HAVRE et CAUMARTIN, duo injustement tombé dans l’oubli.

massenet manon acte IICliquez sur l’image

Au XXe siècle, on peut noter la collaboration fructueuse de Richard STRAUSS et HOFFMANNSTAHL. À la mort d’Hoffmannstahl, Strauss se tournera vers d’autres librettistes, notamment Stefan ZWEIG qui lui écrira La Femme silencieuse (1935).

strauss rosenkavalier duo 2e acteCliquez sur l’image

COLETTE a écrit pour RAVEL le livret de l’Enfant et les sortilèges, mais ce n’est pas la seule femme librettiste. Découvrez-en plus avec Aliette de LALEU, de France Musique.

aliette de laleu librettistesCliquez sur l’image

 

 

Compositeurs, histoire, littérature

Jean-Baptiste LULLY (1632 – 1687)

Né à Florence en 1632, venu en France à l’âge de 11 ans (il est marmiton à la cour), le jeune LULLY est choisi en 1646 par le chevalier de GUISE, qui recherchait pour sa cousine, mademoiselle de MONTPENSIER, un jeune Italien susceptible de converser avec elle dans la langue italienne. Son service durera jusqu’en 1652.

Ses talents de musicien le distinguent et il participe à la mise en place de ballets, qui était le genre musical en vogue à la Cour avant l’Opéra. Il est nommé en 1653 compositeur de la musique instrumentale du Roi, et s’impose peu à peu dans le genre du Ballet.

Début 1653, il est chargé de régler un ballet, Le Ballet de la Nuit, dans lequel il fait jouer le roi sous le masque du Soleil. De là viendra le nom de Roi-Soleil qui restera celui de Louis XIV pour la postérité.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par Louis XIV (1661), il reçoit les positions de surintendant de la musique du roi et de maître de la musique de la famille royale. En 1662, il se marie avec la fille du compositeur Michel LAMBERT.

Sa collaboration avec MOLIÈRE dans les comédies-ballets commence en 1664 avec Le Mariage Forcé. Suivront ensuite notamment L’Amour Médecin (1665) et Le Bourgeois Gentilhomme (1670). En 1671, Molière et CORNEILLE écrivent ensemble Psyché, que Lully met en musique.

lullt le bourgeois gentilhommeCliquez sur l’image

En 1672, Lully rachète à PERRIN le privilège royal de l’opéra pour toute la France. Il devient alors Directeur de l’Académie Royale de Musique, où il créera 14 tragédies en musique ainsi que plusieurs ballets et œuvres diverses jusqu’à sa mort en 1687. Il sait adapter à la perfection le chant à la diction du français, et s’attache les services de QUINAULT pour rédiger les livrets de ses opéras. Parmi ceux composés avec Quinault figurent Cadmus et Hermione (1673), Alceste (1674), Thésée (1675), Atys (1676) et Roland (1684).

lully atysCliquez sur l’image

Opéra et politique : À l’époque de Louis XIV, il fallait flatter le souverain. Ainsi, chacune des tragédies lyriques de Lully commence-t-elle par un prologue vantant les grandes Qualités du roi, desquelles les dieux eux-mêmes étaient jaloux.
Ainsi dans Alceste, c’est la nymphe de la Seine qui se languit du retour du Héros (comprendre Loulou XIV, parti à la guerre). Dans Atys, c’est à un dieu que l’on compare le roi. Dans Roland, il est comparé à Roland, le héros de l’Orlando Furioso, et dans Armide (1686), c’est la Gloire et la Sagesse qui louent le héros qui possède ces deux qualités.

Après la mort de la reine, et sous l’influence de madame de MAINTENON, Louis XIV a une crise de foi et se détourne de l’opéra. Quinault, son librettiste, tombe en disgrâce et interrompt sa carrière après avoir terminé le livret d’Armide en 1686. Le compositeur doit alors trouver un autre librettiste, CAMPISTRON, pour son dernier chef d’œuvre : Acis et Galatée (1686).

lully armideCliquez sur l’image

En 1687, Lully meurt de la gangrène des suites d’un coup de bâton qu’il s’est donné sur le pied en dirigeant son Te Deum (à l’époque, on marquait la mesure en frappant le sol avec un bâton).

lully te deumCliquez sur l’image

Sa composition la plus connue reste toutefois la chanson Au clair de la lune.

lully au clair de la luneCliquez sur le gramophone

(Source : pour cet article, j’ai consulté l’excellent Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la direction de Marcel BENOIT, éditions Fayard, 1992)

Divers, Histoire de l'opéra

Des opéras pour les enfants

Les adultes ne sont pas les seuls à avoir le privilège d’aller à l’opéra. C’est à peu près à partir du XXe siècle que les compositeurs ont eu envie de s’adresser aux enfants.

Parmi eux, citons RAVEL qui a écrit sur un livret de COLETTE l’Enfant et les sortilèges  (1917 – 1924).

Écrit en 1922-1923 et créé en 1924, l’opéra de JANACEK la Petite Renarde rusée est un magnifique conte pour enfants, dans lequel il ne fait pas forcément bon être poule.

janacek petite renardeCliquez sur la renarde

En 1936 dans le conte Pierre et le loup, PROKOFIEV associe à chaque personnage un instrument particulier. Quelle belle découverte des timbres de l’orchestre pour les enfants !

pierre et le loupCliquez sur Peter USTINOV

En 1949, BRITTEN qui s’est toujours intéressé à rendre la musique accessible à tous a écrit Faisons un opéra, le petit ramoneur (1949), un opéra destiné aux enfants.

britten petit ramoneurCliquez sur le ramoneur

POULENC, lui, a mis en musique l’Histoire de Babar.

poulenc babarCliquez sur Babar

Bien entendu, au XXIe siècle, les maisons d’opéra continuent de créer des œuvres destinées aux enfants, c’est ainsi qu’on a pu entendre cette saison 2018 – 2019 à Lille Coraline de Mark-Anthony TURNAGE…

coralineCliquez sur l’image

… et à Lyon Les Enfants du Levant, d’Isabelle ABOULKER.

les enfants du levantCliquez sur l’image

Je reviendrai dans un autre billet sur les enfants à l’opéra, mais dans le sens où les enfants ont un rôle dans les opéras écrits pour les grands. Sans attendre, je précise qu’un opéra comme la Flûte enchantée de MOZART a tout pour plaire aux enfants, même s’ils ne comprennent pas le sous-texte, avec son serpent géant, son prince et sa princesse, la reine de la nuit dans le rôle de la sorcière, ou encore le personnage de l’oiseleur Papageno.

Divers, littérature

Quelques beaux duos

L’avantage de l’opéra par rapport au théâtre, c’est de pouvoir superposer plusieurs voix, alors qu’au théâtre, si deux (ou plus) personnages parlent en même temps, c’est la cacophonie (voir la fin de la Cantatrice chauve de IONESCO).

cantatrice chauve massinCliquez sur la cantatrice

Après un premier billet sur les duos d’amour (au XVIIIe siècle), je vous propose un autre billet de duos, mais qui ne sont pas des duos d’amour cette fois.

Dès l’origine de l’opéra, avec l’Orfeo de MONTEVERDI, l’œuvre se termine par un duo entre Orphée et son père Apollon, au moment où Orphée s’apprête à monter aux cieux rejoindre son père. Saliam cantando al cielo.

Dans son Jules César (1724), HAENDEL fait chanter les adieux de Cornelia et de son fils Sesto dans le très beau duo « Son nata a lagrimar ». (Je vous propose ici une autre version que celle placée dans l’article sur la tessiture pour vous permettre de les comparer.)

haendel jarroussky lemieuxCliquez sur l’image

Dans les Noces de Figaro (1786), MOZART écrit un très beau duo (canzonetta sull’aria) pour Suzanne et la comtesse:

les noces de Figaro sull ariaCliquez sur l’image

En 1835, dans Lucia di Lammermoor, DONIZETTI nous propose le duo « J’aurai ton sang » où les deux héros se défient en duel.

lucia di lamermoor duoCliquez sur l’image

Dans le Trouvère (1853) de VERDI, Léonora promet au comte de Luna de se donner à lui s’il accepte de laisser la vie sauve à Manrico, son amour.

il trovatore mira di acerbe lagrimeCliquez sur l’image

En 1862, dans Béatrice et Bénédict, BERLIOZ nous offre le berliozissime « Nuit paisible et sereine » :

berlioz nuit paisible et sereineCliquez sur l’image

Parmi les classiques des classiques figure le duo « Au fond du temple saint » des Pêcheurs de perles (1863) de BIZET.

bizet au fond du temple saintCliquez sur l’image

Autre grand duo, la barcarolle des Contes d’Hoffmann (1880) d’OFFENBACH.

barcarolle

Et dans Lakmé (1883) de Léo DELIBES, on trouve le ravissant duo des fleurs.

 

delibes lakmé duo des fleursCliquez sur l’image

Il existe bien évidemment de nombreux autres duos magnifiques comme, par exemple, les adieux de Wotan à sa fille la walkyrie Brünnhilde à la fin de la Walkyrie. Si vous en voulez plus, il suffit de le demander en laissant un commentaire à ce billet.

 

 

 

Divers

La nuit (2) : Nuits obscures

La nuit est un moment privilégié où l’absence de jour et de lumière nous donne la possibilité de vivre autrement, loin des regards des autres. Ce moment peut être la Nuit des amants. Mais ce peut aussi être un moment où les forces obscures prennent le pas sur la clarté, et c’est alors la nuit des magiciens, des fantômes ou des sorcières.

L’opéra se prête bien à la description de ces scènes inquiétantes :

Ainsi, dans la Flûte enchantée de MOZART, la reine de la nuit représente le côté obscur de la force, où les notes aiguës qui se succèdent figurent autant de coups de poignard destinés à tuer Sarastro, le rival de la reine.

reine de la nuit dessayCliquez sur la reine de la nuit

Une des premières représentations, et des plus fameuses, est celle de la scène de la Gorge aux loups, de l’opéra romantique le Freischütz de WEBER, où les héros se donnent rendez-vous à minuit pour fondre des balles magiques destinées à remporter un concours de tir. Mais voilà, la septième balle fondue est réservée au diable…

Fresischutz gorge aux loupsCliquez sur l’image

Freischutz Gorge aux loups 2Cliquez sur l’image

En 1833, dans son Gustave III, roi de Suède, D.F.E. AUBER place au début du 3e acte une scène où l’héroïne doit, à minuit, cueillir des plantes magiques qui feront disparaître son amour coupable pour le roi.

auber gustave minuitCliquez sur l’image

Dans son adaptation de Macbeth (1841), c’est évidemment pendant la nuit que VERDI fait apparaître le meurtre du roi par Macbeth et sa femme.

macbeth minuitCliquez sur l’image

À la fin de Rigoletto (1851) de Verdi, c’est de nuit que Rigoletto prévoit l’assassinat du ravisseur de sa fille Gilda, mais par un de ces coups de théâtre que l’on ne voit qu’au théâtre, c’est finalement Gilda qui meurt sous les coups du reître payé pour cet assassinat.

rigoletto finalCliquez sur l’image

Une nuit sur le mont Chauve, de MOUSSORGSKI.

fantasia une nuit sur le mont chauveCliquez sur l’image

Ce n’est pas dit explicitement dans Le château de Barbe-Bleue (1911) de BARTOK, mais on peut supposer que toute la scène se passe de nuit, quand Judith ouvre une à une les portes du château de Barbe-Bleue pour y découvrir, après des bijoux et des perles, une chambre de torture, et pire encore peut-être…

bartok barbe bleueCliquez sur l’image

 

 

 

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écrivains, Cinématographe, littérature

Alexandre POUCHKINE

J’en parlais dans le récent billet sur la Dame de pique, voici un billet sur Alexandre POUCHKINE (1799 – 1837). Ce fils de la noblesse russe, ce romantique russe, a beaucoup écrit de contes, nouvelles et pièces de théâtre pendant sa courte vie. (Il est mort à 37 ans des suites d’un duel d’honneur)

Nombreux sont les opéras qui sont des adaptations de ses écrits.

Le premier compositeur a avoir adapté Pouchkine est GLINKA, le père de la musique russe. C’était un ami d’enfance de Pouchkine (ils étaient en pension ensemble à Saint-Pétersbourg), et il a mis en musique Rouslan et Ludmila (1837 – 1842), d’après un de ses poèmes épiques.

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Son élève DARGOMYJSKI, un autre précurseur de la musique russe, a composé La Roussalka (1856) et Le Convive de pierre (1866 – 1869) d’après deux drames de Pouchkine.

Parmi les monuments mondiaux de l’opéra figure le Boris Godounov (1869 – 1872) que MOUSSORGSKI a composé, d’après Pouchkine.

TCHAÏKOVSKI a composé ses deux chefs-d’œuvre que sont Eugène Onéguine (1877 – 1878) et La Dame de pique (1890) sur des textes de Pouchkine, et un autre de ses opéras, moins connu, est Mazeppa (1881), adapté d’un poème épique de Pouchkine.

L’ami RIMSKI-KORSAKOV a mis en musique Mozart et Salieri (1897), une courte pièce qui fait l’hypothèse que le compositeur SALIERI aurait tué MOZART. C’est de cette pièce de Pouchkine qu’est issu, indirectement, le film Amadeus de Milos FORMAN.

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Rimski-Korsakov a également mis en musique Le Tsar Saltan (1899 – 1900) et Le Coq d’or (1909), d’après des contes écrits par Pouchkine.

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Un autre membre du groupe des 5, César CUI, a écrit Le Festin en temps de peste (1900) et RACHMANINOV Le Chevalier avare (1904) et Aleko (1892).

rachmaninov alekoCliquez sur l’image

Au XXe siècle, les textes de Pouchkine ont encore inspiré STRAVINSKY avec Mavra (1922) et BRITTEN qui a composé des mélodies pour Galina Vishnevskaîa, la femme de son ami Rostropovitch : The poet’s echo (1965).

briten the poet's echoCliquez sur l’image