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Mes opéras préférés, mythologies(s)

TRISTAN UND ISOLDE

Tristan und Isolde est le premier opéra que j’ai eu la chance de voir à Bayreuth, en 1986. La photo ci-dessus est une carte postale de cette représentation, qui reste pour moi un de ces moments magiques que l’on a parfois l’occasion de vivre dans une vie.

En 1854 WAGNER, qui vit en exil à Zurich après avoir fait le coup de poing sur les barricades avec BAKOUNINE en 1849, fait la connaissance du riche couple WESENDONCK. Très vite, une attirance mutuelle naîtra entre Richard Wagner et Mathilde Wesendonck, et Wagner devra s’éloigner de Zurich en 1858. De leur rencontre naîtront deux chefs d’œuvre, les Wesendonck Lieder (1857 – 1858), une mise en musique de poèmes de Mathilde par Richard, et Tristan und Isolde (1858 – 1859). Certains thèmes musicaux de la première œuvre se retrouvent dans la deuxième.

Il est difficile d’isoler tel ou tel air de la partition, l’opéra figurant un long poème musical continu, écrit par Wagner d’après une légende celtique bien connue. Citons toutefois les deux extrêmes de la partition: le prélude et la mort d’Isolde.

L’opéra a été créé en 1865 à Munich, sous les auspices de Louis II de Bavière.

Acte I : La scène se passe sur le pont d’un navire qui conduit Isolde en Cornouailles où l’attend son fiancé le roi Marke. Entendant une chanson de marins qui lui rappelle sa destinée, elle veut mourir. Sa servante Brangäne ne réussit pas à la calmer. Isolde voit Tristan tenir le gouvernail du bateau et elle demande à Brangäne d’aller le chercher. Tristan refuse, son devoir étant de gouverner le bateau. Kurwenal, l’écuyer de Tristan chante une chanson cornouaillaise rappellant le combat où Tristan a tué Morold, le fiancé d’Isolde. En entendant ce chant, le désespoir d’Isolde éclate et elle raconte à Brangäne comment peu après la mort de Morold, elle  a soigné un chevalier blessé qui s’est avéré être l’assassin de son fiancé. Elle a voulu le tuer, mais quand leurs regards se sont croisés, elle n’a pu achever son geste. Cet homme qu’elle a soigné et guéri a arrangé pour elle un mariage avec son maître, le roi Marke. Isolde demande à Brangäne un filtre de mort pour elle et Tristan. Quand le bateau arrive, Tristan se présente à Isolde pour la mener auprès du roi. Isolde lui tend la coupe de la réconciliation, mais Brangäne a substitué au philtre de mort un philtre d’amour. Quand Tristan commence à boire, Isolde lui arrache la coupe, pour mourir avec lui. Les deux héros se regardent, éperdus, ils ont changé de monde !

Le chœur des matelots chante son salut au roi Marke.

Acte II : Dans son jardin, Isolde attend la nuit. On entend au loin des trompes de chasse qui s’éloignent. Isolde demande à Brangäne d’éteindre la torche qui les éclaire. C’est un signal pour Tristan. Commence alors un (très) long duo d’amour, d’abord sur le thème du jour maudit et de la nuit bénie. Ils entonnent l’hymne Descends sur nous, nuit de l’amour  (Sink hernieder, Nacht der Liebe) où les deux voix se mêlent. Du haut d’une tour, Brangäne qui surveille leur lance un avertissement. Le duo continue, évolue et l’amour de passion devient mystique. Maintenant, les deux amants veulent s’unir dans la mort. Brangaene lance un autre avertissement, le jour se lève, il faut finir, mais les deux amants continuent leur duo extatique. Soudain, la scène est envahie par des chasseurs conduits par Melot. Marke est avec eux. Il chante une longue plainte sur la trahison de Tristan. Tristan se tourne vers Isolde, le suivra-t-elle vers le pays obscur ? Isolde est prête à le suivre n’importe où. Tristan et Melot se battent en duel, et Tristan s’effondre au sol. Isolde se précipite sur lui. La nuit cède la pace au jour.

Acte III : Tristan est étendu, blessé, dans son château. Kurwenal veille sur lui. On entend la plainte du chalumeau (un instrument à vent) d’un pâtre, qui veille avec Kurwenal. Ils guettent une voile sur l’océan, celle du bateau qui doit conduire Isolde auprès de Tristan. Tristan se réveille et délire. Soudain le chalumeau se fait joyeux, un navire arrive. Tristan se lève et va à la rencontre d’Isolde. Elle se précipite vers lui, mais il meurt dans ses bras. Un deuxième bateau arrive. C’est celui du roi Marke, à qui Brangäne  a expliqué l’interversion des philtres, et qui vient unir les deux amants. Kurwenal et Melot se battent et meurent. Le silence se fait quand soudain Isolde ouvre les yeux. Son chant s’élève, c’est la célèbre mort d’Isolde qui git sur le corps de Tristan, morte d’extase, morte d’amour, morte de fidélité.

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Walt DISNEY (1901 – 1966)

Walt DISNEY and classical music.

Après le studio Ghibli, et avant l’univers de Tex Avery, je vais vous parler aujourd’hui de Walt DISNEY. Disney est connu pour son apport majeur au dessin animé. (Il est aussi l’inventeur du parc à thème). Il crée ses premiers dessins animés au début des années 20, et en 1928, le personnage de Mickey. En 1929, il lance les Silly Symphonies, des dessins animés sur un thème musical. En 1937, il produit le premier dessin animé long métrage, Blanche Neige (le premier long métrage d’animation est dû à Lotte REINIGER).

L’univers créé par Walt Disney contient de nombreuses références au monde de l’opéra (et de la danse).

Dès 1936, Disney avait mis en musique l’univers de l’opéra avec le cartoon Mickey’s Grand Opera.

En 1940, il sort Fantasia, soit une suite d’adaptations en dessin animé de morceaux classiques (il a fait une suite en 2000 avec Fantasia 2000. Dans Fantasia, on peut voir Mickey serrer la main du chef d’orchestre Léopold Stokowski, on trouve une version complètement allumée de la danse des heures, ballet extrait de La Gioconda de PONCHIELLI, et une très belle version de La nuit sur le Mont chauve de MOUSSORGSKI, ainsi que Casse-Noisette de TCHAIKOVSKI. Il y a aussi Mickey en Apprenti sorcier, d’après Paul DUKAS.

En 1948, dans Melody Time, il nous offre une interprétation très personnelle du Vol du bourdon de RIMSKY-KORSAKOV.

Dans Les Aristochats (1970), long métrage qui se passe en France, un des jeunes chatons s’appelle BERLIOZ, en hommage à l’ami Hector.

Tchaïkovski a encore été mis en image par les studios Disney, avec La Belle au bois dormant (1959).

Et je peux rappeler ici la version Disney du Fantôme de l’opéra, de Gaston LEROUX.

Le sujet de La petite Sirène (1990), d’après le conte d’ANDERSEN se trouve assez proche de celui de Rusalka, le génial (et méconnu) opéra de DVORAK, dont le livret combine les thèmes de l’Ondine d’E.T.A. HOFFMANN et du conte d’Andersen.

À propos de son dessin animé la Reine des neiges (2013) et son tube Libérée, délivrée  (attention, si vous enseignez la musique dans les écoles, ne cliquez pas sur le lien précédent) il convient de ne pas le confondre avec la Fille de neige (Snegourotchka), de Rimsky-Korsakov, moins connu, mais très bien aussi !

Enfin, DISNEY a servi de héros à Philip GLASS, qui raconte ses derniers jours dans l’opéra The perfect american (2012).

Compositeurs

Jean-Philippe RAMEAU

Compositeur majeur du XVIIIe siècle, RAMEAU est né à Dijon en 1683 (pour mémoire, LULLY est mort en 1687). Le petit Jean-Philippe apprend très tôt la musique et, comme pour MOZART, on dit qu’il a appris ses notes avant ses lettres.

À 18 ans, il part pour l’Italie et s’arrête à Milan où il travaille dans un théâtre. Suivent quelques années d’errance entre Clermont et Paris. Il est organiste et écrit pour le clavier (clavecin et orgue). C’est de ses années que datent ses œuvres religieuses que sont les Grands Motets. En parallèle, il rédige des ouvrages théoriques sur la musique, où il fixe les bases du système harmonique. Le succès de son Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels le ramène à Paris, où il écrit des airs pour le théâtre de la foire. Il fait partie de la société du Caveau, le repère des chansonniers, pour lesquels il aurait écrit le canon Frère Jacques.

En 1731, il rencontre celui qui deviendra son mécène, dont il dirigera l’orchestre pendant 20 ans. Là, il a l’occasion de côtoyer DIDEROT, D’ALEMBERT et VOLTAIRE, et aussi JJ.ROUSSEAU. En 1733, il écrit un premier opéra, Samson, sur un livret de Voltaire. Censurée, cette œuvre ne sera jamais représentée. La même année, il écrit Hippolyte & Aricie, qui délivre enfin le drame lyrique français du cadre rigide laissé par Lully derrière lui. La création de cet ouvrage engendre une première querelle, celle des lullistes et des ramistes (aujourd’hui, on dirait des anciens et des modernes). Dans les années qui suivent, il écrit l’opéra-ballet Les Indes galantes (1735), Castor et Pollux (1737) et Dardanus (1739).

Sa nomination comme compositeur de la musique du roi correspond à de nouvelles productions: La Princesse de Navarre (1745), Platée (1745), Pygmalion (1748), Zoroastre (1749). Ces productions vont engendrer une deuxième querelle, la querelle des bouffons. Déclenchée à l’occasion d’une représentation de La Servante maîtresse de l’italien Pergolèse en 1752, elle opposa les partisans du drame lyrique français, respectueux de l’harmonie chère à Rameau et ceux de l’opéra bouffe italien, valorisant la mélodie. Elle fut alimentée par Rousseau, lui-même auteur de l’opéra Le Devin du village (1752) et qui n’avait pas apprécié les critiques assassines de Rameau. Il décréta que le français n’était pas une langue faite pour être chantée, à l’inverse de l’italien. La querelle des bouffons marque la limite entre l’opéra baroque et l’opéra classique.

Fréquentant les encyclopédistes, Rameau développe sa théorie de la musique avec le soutien de Diderot et d’Alembert. Suite à la publication en 1754 de ses Observations sur notre instinct pour la musique commence une troisième querelle, celle des encyclopédistes. Le personnage querelleur de Rameau a été moqué par Diderot dans son roman Le Neveu de Rameau.

Le génie créateur de Rameau ne tarit pas et il écrit encore Les Paladins (1760) et Les Boréades (1764). Rameau meurt à Paris d’une fièvre putride juste avant les répétitions des Boréades.

écrivains, littérature

La Vie mode d’emploi (Georges PEREC — 2)

Georges PEREC : Life, a user’s manual.

Après La Disparition, je vais vous parler de La Vie mode d’emploi, un des romans les plus connus de Georges PEREC écrit en 1978. Ce roman oulipien est bâti sur plusieurs contraintes. Il se passe dans un immeuble découpé en 100 pièces (10 étages comportant 10 pièces chacun), et chaque chapitre décrit ce qui se passe dans une des pièces. On passe d’un chapitre au suivant, donc d’une pièce à la suivante, selon le déplacement d’un cavalier qui se déplacerait sur un échiquier 10×10 (un damier, quoi !) sans passer deux fois sur la même case. À chaque case, donc dans chaque pièce, un bi-carré latin d’ordre 10 permet d’associer deux termes pris dans deux listes de dix, termes que l’on retrouve donc régulièrement en suivant le parcours du roman.

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Parmi les fantaisies que l’on peut croiser dans ce roman, j’aime particulièrement l’explication apportée par Perec pour justifier qu’il n’y a que 99 chapitres, et non 100. En effet, le chapitre manquant se trouve dans un coin de l’immeuble, et comme dans le chapitre précédent, il y a une petite fille qui mange un petit LU, elle a commencé, comme le font tous les enfants, par en manger un coin, d’où la disparition du chapitre !

Un certain nombre d’opéras sont cités par Perec dans La Vie mode d’emploi, notamment le Rake’s Progress de STRAVINSKY, l’Enfant et les sortilèges de RAVEL (la version que je vous propose ici vaut vraiment le clic!, voir notamment l’arithmétique à 3min20 et le duo des chats à 6min20), l’Enlèvement au sérail de MOZART ou le Coq d’or de RIMSKI-KORSAKOV, ainsi que d’autres moins connus, voire inventés, tels que Assuérus de MONPOU (Hippolyte, pas Federico), ou Orlando d’ARCONATI (compositeur fictif emprunté à Jules VERNE).

Et ne manquez pas prochainement sur ce blog les billets à venir sur Cantatrix Sopranica et les Vœux de Perec à ses amis, dont une série a été consacrée à la musique. C’est comme d’habitude érudit et à mourir de rire.

 

 

2 - compositeurs

Compositeurs

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les billets enregistrés dans la catégorie « Compositeurs », destiné à vous faciliter la recherche par thème.

monteverdi

Rameau

  • Georg Friedrich HAENDEL (1685 – 1759)

 

mozart

Beethoven

berlioz

liszt

wagner

verdi

tchaikovsky

tchaikovsky le retour

massenet

janacek

Britten

 

 

1 - mes opéras préférés

Mes opéras préférés

Ceci n’est pas un billet, mais un méta-billet servant de sommaire pour les billets enregistrés dans la catégorie « Mes opéras préférés ».

This is not a post, it is a meta-post which is the summary of the posts written in the category « My favourite operas » (with links).

monteverdi

mozart

castafiore

astérix et la traviata 2

 

carmen rosi

Mozart_magic_flute

boris godounov

 

le trouvère

walkyries

the turn of the screw

affiche roi Arthur 5

tristan und isolde

 

histoire, Mes opéras préférés, mythologies(s)

King Arthur, de PURCELL

Dans l’arbre phylogénétique de l’opéra, les œuvres de PURCELL occupent un rameau à part. En effet, King Arthur est un semi-opéra, un genre qui dérive du masque de cour élisabéthain, qui consistait à donner des représentations chantées et dansées par les nobles de la cour de la reine Élisabeth 1re, environ un siècle avant Purcell. Les héros ne chantent pas eux-mêmes, ce sont plutôt des génies ou des divinités qui chantent, soutenus par un chœur omniprésent.

Pour avoir chanté King Arthur il n’y a guère, et dans de très bonnes conditions artistiques, je peux affirmer que c’est un vrai bonheur pour un choriste que de chanter cette œuvre (voir l’affiche du concert en tête de ce billet).

King Arthur, donc, a été créé en 1691, deux ans après Didon et Enée et ressort de l’épopée arthurienne.

Acte I : L’armée saxonne offre à ses dieux, Wotan et Freïa, un sacrifice avant la bataille. Mais alors que les saxons se livrent à une beuverie, les bretons les provoquent avec un Come if you dare (Viens si tu l’oses en français).

Acte II : Le roi Arthur et ses troupes poursuivent les saxons. À une croisée de chemins, ils doivent choisir entre les indications de Philidel, qui les mèneraient en lieu sûr, et celles de Grimbold, qui les perdraient dans les marécages. Ils font le bon choix, et la musique s’adoucit (We brethren of air).

Les villageois donnent une fête pour distraire Emmeline, la fiancée d’Arthur (ensemble et chœur : How blest are shepherds).

Acte III : Le génie du froid veut geler les hommes (célébrissime Cold Song: What power art thou), mais Cupidon fait de la résistance et réclame que son empire règne sur tous les cœurs.

Acte IV : Un duo de sirènes cherche à vamper Arthur, suivi d’un magnifique air célébrant les délices suprêmes de l’amour (How happy the lovers). Alors qu’aucun mortel ne peut résister au chant des sirènes, Arthur résiste.

Acte V : L’enchanteur Merlin invoque Éole. Le dieu du vent calme la mer déchaînée tandis qu’une île surgit des flots, où trône Britannia.

Un chœur exalte la pêche et l’agriculture, sources de richesses dans un pays enfin pacifié (Round thy coasts).

Enfin, Vénus arrive qui personnifie la beauté parfaite de l’Angleterre (Fairest Isles).